• La bulle de la dette des entreprises est un accident de train au ralenti


    Par Brandon Smith  Source Alt-Market.com
    Il y a deux sujets que les médias grand public semblent particulièrement déterminés à éviter de discuter ces jours-ci lorsqu’il s’agit d’économie – le premier est le problème de la baisse de la demande mondiale de biens et de services ; ils refusent absolument de reconnaître le fait que la demande stagne et qu’ils invoqueront toutes sortes de rationalisations pour détourner l’attention de la question. L’autre sujet est la bulle de la dette, celle des entreprises en particulier

     

    Ces deux facteurs à eux seuls garantissent un choc massif à l’économie mondiale et l’économie américaine est intégrée au système, mais je pense que la dette des entreprises est le pilier clé de la fausse économie. Elle a été utilisée à maintes reprises pour empêcher la « bulle de Tout » de se dégonfler complètement, mais les fondamentaux commencent à rattraper cette fabrication narrative.

    Par exemple, en ce qui concerne les marchés boursiers, qui n’ont plus aucun sens en tant qu’indicateur de la santé de l’économie réelle, les rachats d’actions par les entreprises ont été le mécanisme le plus vital pour l’inflation. Les entreprises achètent leurs propres actions, souvent en utilisant des liquidités empruntées entre elles et à la Réserve fédérale, afin de réduire le nombre d’actions sur le marché et d’augmenter artificiellement la valeur des actions restantes. Ce processus est essentiellement une manipulation légale des actions, et il est certain qu’il a été efficace jusqu’à présent pour maintenir les marchés à un niveau élevé.

    Le problème est que ces mêmes sociétés s’endettent de plus en plus en payant des intérêts afin de maintenir la façade. En l’espace d’une décennie, l’endettement des entreprises est remonté en flèche pour atteindre des niveaux jamais vus depuis 2007, juste avant la crise du crédit. Le montant officiel de la dette des entreprises s’élève maintenant à plus de 10 000 milliards de dollars, sans compter l’exposition aux produits dérivés. Selon la Banque des règlements internationaux, le montant des produits dérivés encore détenus par les entreprises s’élève à environ 544 000 milliards de dollars en valeur notionnelle (valeur théorique), alors que la valeur marchande actuelle n’est que d’environ 10 000 milliards de dollars. Il s’agit là d’un écart considérable qui ne peut qu’entraîner un désastre.

    En termes de ratio dette/PIB, le pic du cycle du crédit a atteint un niveau sans précédent au cours des 40 dernières années. Ce montant d’emprunt a toujours des conséquences. Même si les banques centrales devaient intervenir à un niveau similaire à celui du TARP, qui a saturé les marchés avec 16 000 milliards de dollars de liquidités, le montant des liquidités nécessaires est si immense et les rendements économiques si faibles que de telles mesures sont en fin de compte une perte de temps. La Réserve fédérale a alimenté cette bulle, et aujourd’hui rien ne peut empêcher sa disparition. Cependant, leur comportement et leur réaction minimale au problème suggèrent qu’ils n’ont pas l’intention de l’arrêter de toute façon.

    Actuellement, les rachats d’actions devraient diminuer cette année, et je ne pense pas que ce soit parce que les entreprises ont décidé d’abandonner cette tactique. Elles doivent le faire, car le montant de la dette qu’elles accumulent est maintenant supérieur à la baisse de leurs bénéfices. Les bénéfices des entreprises ont atteint leur sommet au troisième trimestre 2018 et n’ont cessé de diminuer depuis. Le ratio prix/bénéfices ainsi que le ratio prix/ventes sont désormais bien supérieurs à leur pic historique pendant la bulle Internet en 2000, ce qui signifie que les actions n’ont jamais été aussi surévaluées par rapport aux bénéfices que les entreprises réalisent réellement.

    Comme je l’ai déjà dit en 2018, les réductions d’impôts de M. Trump étaient un cadeau aux entreprises, et non aux gens ordinaires, et ce cadeau était destiné à être gaspillé car il ne faisait aucun doute que les entreprises consacreraient tout leur argent au rachat d’actions au lieu d’innover et de créer de nouveaux emplois. C’est exactement ce qui s’est passé.

    Alors que les entreprises, la Fed et Trump ont fait des efforts pour empêcher les marchés boursiers d’imploser, l’économie réelle s’est évaporée. Les importations et exportations mondiales s’effondrent, l’industrie manufacturière américaine est en récession, le PIB américain est en déclin (même selon des chiffres officiels truqués), les points de vente au détail américains ferment par milliers, le taux de pauvreté a bondi dans 30 % des comtés américains au cours de l’année dernière et les emplois bien rémunérés disparaissent et sont remplacés par des emplois du secteur des services payés au salaire minimum.

    Il est certain que ce processus n’a pas commencé sous Trump, mais qu’il a été un véritable accident de train au ralenti pendant plus d’une décennie. Mais, il est important de souligner que Trump n’a rien fait pour atténuer le crash et son obsession pour le marché boursier frauduleux montre qu’il n’a pas l’intention d’essayer. Le temps que les réductions d’impôts et l’augmentation de la dette ont acheté était de quelques années. C’est tout. Avec les rachats en baisse, la question est de savoir ce qui va maintenir la bulle à flot maintenant ? La Fed ? C’est douteux…

    Les sociétés mondiales ayant la dette la plus visible comprennent :

    • AT&T avec 180 milliards de dollars
    • SoftBank avec 154 milliards de dollars
    • Apple avec 136 milliards de dollars
    • Verizon avec 114 milliards de dollars
    • Comcast avec 112 milliards de dollars
    • AbInbev avec 110 milliards de dollars
    • General Electric avec 115 milliards de dollars
    • Shell avec 77 milliards de dollars
    • Microsoft avec 67 milliards de dollars

    Certaines entreprises, comme Apple et Berkshire Hathaway de Warren Buffet, détiennent d’importantes réserves de liquidités, mais la plupart n’en ont pas. De plus, le niveau des réserves de liquidités détenues par certaines grandes entreprises suggère qu’elles savent que quelque chose se profile à l’horizon. Pourquoi détenir des tas de liquidités quand la bourse est une « valeur sûre » ? À moins que la bulle de la dette ne soit sur le point de s’effondrer et que des liquidités soient nécessaires pour absorber les dégâts ?

    Les rachats d’actions, je crois, sont le test décisif pour savoir combien de temps le monde des affaires peut tenir face au poids de la bulle de la dette. Il semble que 2020 soit l’année où les rachats vont s’effondrer. Les bénéfices des entreprises se sont dégradés en 2019 et la chute devrait se poursuivre cette année. Cela signifie que les bénéfices ne vont pas venir à la rescousse et empêcher l’explosion de la structure de la dette (une fois de plus, les problèmes de la demande et de la dette s’entremêlent). Il ne reste plus que la Fed, car l’« acheteur de dernier recours » devient le seul acheteur sur la place.

    La liste ci-dessus n’inclut bien sûr pas les sociétés financières comme JP Morgan et d’autres banques qui sont soupçonnées d’héberger une dette importante et d’emprunter frénétiquement des liquidités sur les marchés REPO au jour le jour de la Fed.

    Ces prêts arrivent maintenant à échéance, et la Fed a indiqué qu’elle prévoyait de resserrer à nouveau les liquidités le mois prochain tout en revenant à des réductions de bilan. Les taux d’intérêt restent bien au-dessus de zéro, ce qui signifie que plus les entreprises empruntent sur les marchés REPO, plus elles accumulent des intérêts à rembourser. La Fed devra mettre en place un programme d’assouplissement quantitatif complet au niveau des plans de sauvetage TARP et réduire les taux d’intérêt à zéro afin de mettre fin à la menace constante de liquidité des REPO et de relancer le marché pour quelques années supplémentaires.

    Pour l’instant, l’intervention de la Fed sur le marché REPO n’a guère donné de résultats, si ce n’est le maintien des actions à un niveau record. Le reste de l’économie est en plein désarroi.

    L’économie réelle va commencer à faire baisser la distraction favorite de l’establishment – le Dow – à mesure que ce processus se poursuit. La grande question est toujours celle du timing. Combien de temps l’euphorie délirante peut-elle maintenir le système en lévitation ?

    La situation est celle d’une forte complaisance. Si les gens sont soudainement confrontés à un énorme incendie de forêt autour de leur ville, ils se demanderont « Que pouvons-nous faire pour nous sauver ? » Mais qu’en est-il si les gens sont entourés d’un feu de forêt pendant dix ans et que celui-ci ne les a pas encore atteints ? Si vous les avertissez que le vent a finalement tourné et qu’il est sur le point de s’étendre et d’atteindre leurs maisons, ils diront : « Quel feu de forêt ? »

    Il est difficile d’imaginer un scénario dans lequel la structure financière ne subit pas de chocs majeurs pendant le reste de l’année. Le système des entreprises étant épuisé et ne pouvant plus servir de support à la bulle, les fondamentaux vont recommencer à prendre le dessus. Les événements géopolitiques auront également un effet plus visible. Une année entière sans escalade avec l’Iran ?  Sans escalade avec la Corée du Nord ? Sans qu’une menace de pandémie comme le coronavirus ne devienne mondiale ? Sans menace de crise de liquidité, les banques étant de plus en plus affamées de prêts REPO ? Je ne pense pas…

    Il est important de ne pas laisser la complaisance interférer avec la vigilance. Un accident de train au ralenti reste en fin de compte un accident de train. Les dégâts ne peuvent être atténués qu’en sortant soi-même du train et en se préparant aux retombées. Ne croyez pas que le simple fait que le système ait pu traîner son corps presque sans vie pendant dix ans signifie que tout va bien. Toutes les bulles s’effondrent, et la dette des entreprises a déjà scellé le sort de la « bulle de Tout ».

    Brandon Smith

    Traduit par Hervé, relu par Marcel pour le Saker Francophone


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  • «DSK boys»: quand les internautes rappellent que Griveaux était le collaborateur de DSK

    Benjamin Griveaux

    Peu après la publication de vidéos X qui remettent en cause la fidélité conjugale de Benjamin Griveaux, les réseaux sociaux rappellent sa collaboration avec Dominique Strauss-Kahn, qui s’était retrouvé au cœur de plusieurs affaires de mœurs. Certains en plaisantent en rapprochant les deux cas.

    Réagissant à la diffusion d’une vidéo intime de Benjamin Griveaux qui a poussé ce dernier à quitter la course aux élections municipales de Paris, plusieurs utilisateurs des réseaux sociaux ont posté des informations remontant à l’époque, entre 2003 et 2007, où le candidat investi par LREM était le collaborateur de Dominique Strauss-Kahn. Ainsi que quelques réflexions à ce sujet.

    Teintée d’humour, une publication propose d’imaginer les soirées auxquelles auraient pu participer les «DSK boys» en sa compagnie, dont Stanislas Guérini, exerçant actuellement la fonction de délégué général de LREM, Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique, M.Griveaux et Ismaël Emelien, conseiller d'Emmanuel Macron jusqu'en mars 2019.

    Voir l'image sur Twitter

    ​Certains internautes se sont référés à plus

    ​Certains internautes se sont référés à plusieurs affaires de mœurs dans lesquelles l’ancien directeur du Fonds monétaire international était impliqué et qui expliquent, selon eux, l’acte attribué à 

    l’ancien secrétaire d’État.

     
    Jean-Louis TRCT@GianluigiTRCT

    Benjamin Griveaux, de son nom complet Benjamin-Blaise Griveaux, né le 29 décembre 1977 à Saint-Rémy, est un homme politique français. Militant du Parti socialiste, il est collaborateur de Dominique Strauss-Kahn de 2003 à 2007,
    Digne émule de @DSK .Qui se ressemblent s'assemblent!

     ImageImage
     
    La grosse béniche
     
    @BenicheLa
     
    « Si je peux aider, c’est avec plaisir » DSK #Griveaux
     Voir l'image sur Twitter
     
     
    Napoléon
     
    @tprincedelamour
     
    Les gens qui prennent la défense de #Griveaux et de ses vidéos grivoises sont-ils sérieux? A l'époque des faits, le type était porte-parole du gouvernement! Et au fait, quel âge avait la fille?... Être un ancien collaborateur de #DSK n'est pas une excuse valable! #GriveauxGate
    11:59 PM · 13 févr. 2020·Twitter for Android
     
     ​D’autres ont essayé de prendre la défense de l’ex-secrétaire d’État, en pointant du doigt la différence entre les faits commis par Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol et de harcèlements sexuels à plusieurs reprises, et ceux dont est soupçonné Benjamin Griveaux. Le tout en argumentant que «l'infidélité n’est pas illégale et n'est pas un argument politique».
     
     

    ​​​​Intégré dans le cercle de Dominique Strauss-Kahn, en compagnie des personnalités politiques évoquées plus tôt qui ont formé plus tard le support d’Emmanuel Macron au niveau gouvernemental, M.Griveaux a travaillé comme délégué national du club de réflexion baptisé «À gauche en Europe», créé avec Michel Rocard à l’initiative de DSK. Il a également supporté la candidature de ce dernier à la primaire présidentielle socialiste en 2006, remportée par Ségolène Royal.

    Une «performance» de Pavlenski

    Peu après la diffusion de la vidéo compromettante sur un site Internet et les réseaux sociaux, le candidat LREM à la mairie de Paris a annoncé son retrait à un mois du scrutin en dénonçant des «attaques ignobles» qui mettent en cause sa vie privée.

    Les œuvres de Piotr Pavlenski, «artiste» russe, qui est à l’origine de la diffusion de ces vidéos à caractère sexuel, ont également été rappelées par des internautes précisant qu’il s’agissait de «liberté d’expression et démocratie tirées par le bas», déplorant le fait que la France lui a accordé le statut de réfugié politique au lieu d’Edward Snowden. Ce dernier, perçu comme un «héros» par certains, a en effet vu sa demande réitérée à maintes reprises d’être accueilli sur le sol français, rejetée.

    Bakhos Baalbaki@bakhosbaalbaki
     
     

    Benjamin victime du Kangaroo Court. Voici les œuvres de l’homme qui l’a fait tomber avec une vidéo/sex. Liberté d’expression et démocratie tirées par le bas. Merci à la France d’accorder le statut réfugié politique au nombriliste et pas au héros

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    Comment voulez vous que la France s’en sorte avec des dirigeants qui n’ont comme cervelle que de la libido !.
     
    Pratiquer la branlette lorsque l’on appartient à un club de branleurs, c’est logique…La République En Masturbation!!!
     
     

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  • Espérance de vie baisse chez les hommes en Ontario, en Colombie-Britannique et chez les blancs aux États-Unis

    Pour la troisième année consécutive, l’espérance de vie à la naissance des hommes au Canada (hors Québec) n’a pas augmenté, une situation qui est liée à la crise des opioïdes qui affecte tout particulièrement la Colombie-Britannique et l’Ontario.

    L’espérance de vie des hommes est demeurée inchangée à 79,9 ans de 2017 à 2018, alors que celle des femmes a augmenté de 84,0 à 84,1 ans. À noter que les hommes au Québec sont désormais ceux qui vivent le plus longtemps dans la Confédération canadienne.

    Chez les hommes, la stagnation notée en 2016, 2017 et 2018 est la plus longue jamais observée. Depuis que le Canada a commencé à enregistrer les décès en 1921, l’espérance de vie a généralement augmenté d’une année à l’autre, et ce, tant chez les hommes que chez les femmes.

    Il est clair que la récente stagnation de l’espérance de vie chez les hommes résulte d’une hausse de la mortalité chez ceux âgés de 25 à 45 ans. Cette hausse de la mortalité a contrebalancé la baisse des probabilités de décès à tous les autres âges.

    Cette hausse de la mortalité chez les hommes de 25 à 45 ans est probablement liée à la crise des opioïdes qui sévit dans certaines régions du pays. Aux États-Unis, l’espérance de vie à la naissance a diminué chez les blancs au cours des trois dernières années, et de nombreuses études ont indiqué que cette baisse serait liée à la crise des opioïdes.

    L’espérance de vie à 65 ans a augmenté chez les hommes au Canada, passant de 19,3 ans en 2017 à 19,4 ans en 2018, alors qu’elle est demeurée stable chez les femmes (22,1 ans). Ce n’est pas la première fois depuis les trois dernières décennies que l’espérance de vie à 65 ans chez les femmes est demeurée stable d’une année à l’autre.

    Baisse d’espérance de vie similaire chez les Blancs aux États-Unis

    La crise de la mortalité masculine blanche aux États-Unis est antérieure à la crise financière : les taux de mortalité des Américains blancs sans diplôme augmentent depuis au moins le début des années 1990. Mais cette crise semble empirer. L’espérance de vie en Amérique a chuté pendant trois années consécutives entre 2014 et 2017 (l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles). Cela ne s’est pas produit depuis les années 1910, lorsque l’espérance de vie des Américains avait connu un coup d’arrêt à cause de la guerre et, surtout, de la grippe espagnole. La hausse des taux de mortalité est due en grande partie à l’épidémie d’opioïdes, qui a commencé avec la prescription d’analgésiques sur ordonnance et s’est étendue aux drogues de rue comme l’héroïne et le fentanyl. Mais le suicide et la mortalité liée à l’alcool ont également augmenté de façon rapide. Les opioïdes, estiment Mme Case et M. Deaton de l’Université Princeton, auteurs de Deaths of Despair (Morts de désespoir), étaient du carburant sur un feu qui brûlait déjà.

    La crise résiste aux explications économiques simplistes. Il n’y a pas de lien de causalité simple entre l’augmentation du chômage ou des inégalités, par exemple, et l’augmentation de la mortalité.

    Les économistes n’ayant pas pris au sérieux les dégâts locaux causés par la mondialisation du commerce et les changements technologiques, les communautés affaiblies économiquement pourraient être tombées dans un cycle de régression économique et sociale et seraient devenues vulnérables à des pathologies telles que la toxicomanie et le suicide.

    Le taux de suicide a bondi de 40 % aux États-Unis en moins de deux décennies, les cols bleus — en particulier les mineurs, ceux qui travaillent sur les champs pétroliers, dans la construction et dans la réparation automobile — étant considérablement plus à risque, selon une nouvelle étude des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) publiée le 24 janvier 2020.

    Il est probable, cependant, que la réponse à la question de la mortalité dépasse le cadre strict de l’économie. Mme Case et M. Deaton notent que l’augmentation de la mortalité chez les Américains blancs s’est produite parallèlement à d’autres tendances potentiellement liées. Il s’agit non seulement d’une détérioration des perspectives économiques, mais aussi d’une baisse des taux de mariage, de fréquentation des églises et d’appartenance à des organisations communautaires. En citant ces facteurs, ils s’inspirent du livre de Robert Putnam, Bowling alone (« Jouer aux quilles seul »), publié en 2000, qui affirmait que l’Amérique subissait une baisse longue et régulière du « capital social » — la force des liens civiques et communautaires. Charles Murray avait également noté que les blancs moins nantis aux États-Unis étaient, contrairement à certains préjugés, moins croyants, avaient des mariages moins stables et en général adoptaient plus de comportements socialement risqués (alcool, sexualité précoce, violence) que la classe moyenne supérieure blanche.

    Se pourrait-il qu’à ces données sociologiques connues s’ajoutent un sentiment plus récent de dépossession culturelle et de transition ethnique rapide des États-Unis (ainsi que l’Ontario et la Colombie-Britannique) : le sentiment collectif d’être dépassés, inutiles et coupables de tous les maux modernes : racismes, homophobies, misogynies, etc.

    Statistiques Canada ne fournit pas de renseignements sur l’espérance de vie selon le groupe ethnique ou la langue maternelle.

    Troisième baisse consécutive de l’espérance de vie en Colombie-Britannique

    Une baisse de l’espérance de vie à la naissance chez les hommes a été observée en Colombie-Britannique et en Ontario. En Colombie-Britannique, la baisse de 0,2 an de l’espérance de vie à la naissance des hommes était la plus marquée parmi l’ensemble des provinces canadiennes, et 2018 était la troisième année de baisse consécutive. En 2015, l’espérance de vie atteignait 80,5 ans chez les hommes de cette province, et était la plus élevée au pays. En 2018, elle a diminué pour s’établir à 79,9 ans, et s’est classée au troisième rang derrière celle des hommes vivant au Québec (80,9 ans) et en Ontario (80,3 ans).

    L’analyse des probabilités de décès selon l’âge montre que la mortalité des hommes en Colombie-Britannique a récemment continué d’augmenter chez ceux âgés d’environ 25 à 50 ans, une tendance qui perdure depuis 2016. Il est probable que cette augmentation soit liée à la crise des opioïdes, car les décès liés à une intoxication aux opioïdes ont tendance à viser davantage les hommes de ce groupe d’âge, et la Colombie-Britannique a particulièrement été touchée par rapport aux autres provinces et territoires. En revanche, l’espérance de vie à 65 ans chez les hommes vivant en Colombie-Britannique a augmenté, passant de 19,8 ans en 2017 à 19,9 ans en 2018.

    Pour la première fois en plusieurs décennies, l’espérance de vie à la naissance a aussi diminué légèrement (-0,1 an) chez les hommes vivant en Ontario de 2017 à 2018. Cette baisse est également liée à une mortalité plus élevée chez les adultes âgés d’environ 25 à 50 ans par rapport aux années précédentes. Comme en Colombie-Britannique, il est probable que cette légère baisse de l’espérance de vie soit liée à la crise des opioïdes.

    Même si une baisse de l’espérance de vie à la naissance a aussi été observée chez les hommes vivant dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. La petite taille de la population de ces deux territoires fait en sorte qu’un petit nombre de décès a une forte incidence sur les estimations de l’espérance de vie.

    Les hommes québécois vivent désormais le plus longtemps au Canada

    L’espérance de vie à la naissance a augmenté chez les hommes vivant au Québec, en Saskatchewan, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador de 2017 à 2018. Une hausse a aussi été enregistrée au cours de la même période chez les femmes vivant au Québec, en Alberta, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador.

    Chez les femmes, une légère baisse de l’espérance de vie a été observée au Nouveau-Brunswick, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Les résultats observés dans ces deux territoires doivent être interprétés avec prudence en raison de la petite taille de leur population.

    Dans les autres provinces et territoires, et ce tant chez les hommes que chez les femmes, l’espérance de vie à la naissance est demeurée stable de 2017 à 2018.

    Méthodologie

    Pour obtenir une estimation plus précise et représentative des l’espérance de vie au pays, Statistique Canada utilise les enregistrements de décès des trois dernières années pour effecteur ses calculs. Par exemple, l’espérance de vie en 2018 est calculée à partir des données des années 2016, 2017 et 2018.

    Sources : Statistiques Canada, SRC et The Economist.

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  • Allemagne — pourquoi les journalistes sont beaucoup plus à gauche que le pays

    Les journalistes aiment à penser qu’ils sont de courageux rebelles qui bravent les idées dominantes.

    Malheureusement, les chiffres suggèrent que leur esprit de contradiction n'est pas très développé. La plupart des gens des médias évoluent dans un milieu où presque tous pensent comme eux. Ils seraient donc plutôt conformistes, des Mutins de Panurge comme disait Philippe Muray.

    Une journée typique au Deutschlandfunk, la radio d’information publique allemande, se déroule comme ceci : à l’occasion de la Semaine de la Mode de Berlin, une blogueuse de mode explique pourquoi elle est contre la mode — parce que la mode favorise le changement climatique.

    Un jeune linguiste rend compte des dernières initiatives visant à améliorer l’égalité entre les sexes en utilisant un langage dégenré. On apprend au cours de l’émission que la station régionale de Cologne ne parle plus d’instituteurs (Lehrer, genré au masculin), mais plutôt d’« enseignants » (Lehrende, épicène).

    Suit une contribution sur les « éléments racistes » dans l’œuvre du célèbre peintre expressionniste Otto Müller (1874-1930). Le tableau « Deux Tsiganes avec un chat » (ci-contre) montrerait les femmes comme des « séductrices exotiques » et colporterait ainsi de vils clichés sur les Sinti et les Roms, c’est pourquoi le musée a décidé de ne présenter le tableau qu’accompagné d’un documentaire.

    De la « radio rouge » à la « radio verte »

    Vous croyez que j’exagère ? Alors vous n’avez pas écouté le Deutschlandfunk depuis longtemps. Parce que plusieurs auditeurs ont remarqué que de grandes parties des émissions donnent l’impression que Annalena Baerbock (coprésidente des Verts, parti de gauche) et Robert Habeck (autre coprésident des Verts) sont à la régie. C’est la conclusion à laquelle est arrivé récemment un correspondant de la « Neue Zürcher Zeitung », journal suisse, après avoir écouté le diffuseur public. Sa conclusion : si dans le passé les conservateurs qualifiaient le radiodiffuseur public de « radio rouge », aujourd’hui il faudrait parler plutôt de « radio verte ».

    À cet égard, j’ai été surpris de trouver un long texte sur le site de la chaîne qui nous explique pourquoi il serait faux de croire que le cœur du journaliste allemand battait à gauche. En fait, ce serait un préjugé de croire que la majorité dans les médias aurait un biais rouge-vert.

    Les journalistes de gauche n’aiment pas s’entendre dire qu’ils sont de gauche, j’en ai fait l’expérience de nombreuses fois. Je pense que c’est lié à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Les journalistes aiment à penser qu’ils sont de courageux rebelles qui luttent contre les idées dominantes. Quand on leur dit qu’ils travaillent dans un milieu où la plupart des gens pensent comme eux, cela diminue un peu leur héroïsme. Qui aime être considéré comme un suiveur ?


    Si les journalistes pouvaient élire le chancelier

    Malheureusement, les chiffres suggèrent que l’esprit de contradiction n’y est pas très développé. Il n’y a guère d’études sur les préférences politiques des journalistes. L’une des plus grandes enquêtes remonte à 2005 et provient de l’Institut de journalisme de Hambourg. La sensibilité politique des journalistes avait alors été établie comme suit : Verts 35,5 pour cent, le SPD (socialistes) 26 pour cent, la CDU (centre droit) 8,7 pour cent, le FDP (libéraux) 6,3 pour cent, autres 4 pour cent, aucun parti 19,6 pour cent.

    Des études récentes arrivent à une conclusion similaire. Parfois, le nombre de ceux qui se déclarent « sans étiquette » est plus élevé. Parfois, les chiffres en faveur des sociaux-démocrates sont meilleurs, parfois ils sont pires. Mais la tendance générale demeure inchangée : si les journalistes allemands pouvaient élire le chancelier fédéral, il ne serait pas issu du camp conservateur.

    Même dans les rédactions que l’on pourrait penser conservatrices, il y a une nette majorité pour les rouges verts. Au « Welt », le vaisseau amiral conservateur du groupe Springer, c’est un fait connu depuis que l’équipe éditoriale a mené une élection entre collègues de bureau à l’occasion d’une élection fédérale il y a quelques années.

    Le résultat a été affiché au tableau d’affichage du gratte-ciel Springer à Berlin pendant deux semaines jusqu’à ce que le conseil d’administration le fasse enlever parce qu’on ne voulait pas faire comprendre à chaque visiteur que le rêve secret d’un rédacteur du « Welt » était de travailler à la « Süddeustche Zeitung » (journal rival de tendance libérale de gauche).

    Diplômés en allemand, en histoire ou en politique

    Les commentateurs issus des médias de gauche aiment à souligner que les rédacteurs en chef sont souvent beaucoup plus conservateurs que les membres de leurs équipes. C’est peut-être exact, mais cela a moins d’impact dans le travail éditorial quotidien qu’on ne pourrait le croire (ou que le rédacteur en chef ne se l’imagine). Il existe de nombreuses manières de contourner les instructions qui viennent d’en haut — je parle d’expérience. Les sujets proposés sont ignorés ou le rédacteur en chef apprend malheureusement qu’aucune preuve ne vient étayer sa thèse.

    Pourquoi tant de journalistes sont-ils à gauche ? L’une des raisons est ce que la sociologie appelle un biais de sélection. Le journaliste typique a étudié l’allemand, l’histoire ou la politique.

    Rares sont ceux diplômés en droit ou en génie, c’est-à-dire des disciplines peu marquées par la pensée de gauche. Pourquoi les diplômés en sciences humaines ont-ils tendance à être tellement à gauche ? Les personnes concernées diraient probablement que la justice est particulièrement importante pour elles. Ma réponse serait qu’il s’agit d’une sorte de compensation.


    « Bill Gates a 50 milliards, et toi ? »

    Mon ami Roger Koppel, aujourd’hui rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Weltwoche », l’a déjà décrit de cette façon. Imaginez que vous êtes allé à l’école avec Bill Gates. Maintenant, vous êtes assis devant la télévision pendant que passe un documentaire sur votre ancien camarade de classe. Votre femme se tourne vers vous, vous ressentez déjà le reproche tacite : « Bill Gates a 50 milliards, tout ce que tu as réussi c’est d’être rédacteur dans un journal de taille moyenne, qu’est-ce qui a cloché ? » Vous n’avez qu’une chance de vous en sortir. Vous répondez « C’est vrai, Bill Gates est beaucoup plus riche que moi. Mais je ne me suis pas laissé corrompre. Je ne suis pas devenu un porc capitaliste. »

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  • Le grand pardon !!!Par:Pieds Noirs 9A..

     Article N° 1250 du 11 juillet 2014..

    Le grand pardon !!!

    Il ne faut jamais oublier ceux qui vous trahissent ,car ils détruisent un pays chrétien ! face a l'envahisseur ...

      Le Grand pardon !!!

    La question de la présence de troupes de soldats islamistes Algérien au défilé de la commémoration des atrocités républicaines française, ne pourra être envisagée et abordée : dés lors que l'Algérie aura également reconnue OFFICIELLEMENT la criminalisation des atrocités planifiées et organisée sur les soldats Français, souvent simples appelés du contingent. 

    Dont bon nombres ox étant alors placés dans leur bouche. (les musulmans ont un vrai problème de ce côté là ) ou certain  ne sont pas plus civilisé pour autant de ce coté là !!!
    Ainsi un dialogue réciproque pourra certainement voir le jour et chacune des parties pourra entamer ce long travail menant à un vrai PARDON. Cela n'est malheureusement pas dans la "mentalité" des islamistes musulmans et encore moins dans l'idéologie républicaine bananière, qui occupe ILLÉGALEMENT la Royaume de France depuis plus de 225 ans, en violation du Droit !!!!!  

    Quand le régime algérien présentera-t-il ses excuses aux milliers de familles déracinées (pieds-noirs et harkis) victimes des atrocités de barbarie commises par le FLN et l'ALN dons il a fallut faire un choix ,rendre les clés de sa maison et choisir entre ("La valise ou le cercueil") !!!
    Quand le régime algérien présentera-t-il ses excuses à tous les pays européens victimes jusqu'en 1830 de la piraterie et de la traite barbaresques ??? Hollande devrait savoir tout cela ...
    On attend également que le régime algérien présente ses excuses à sa population berbère pour la conquête des territoires chrétiens faite les Arabes à l’avènement de l'islam. Rappelons la personnalité de saint Augustin, docteur et Père de l’Église, qui avait été évêque d’Hippone.
    On attend, enfin, que le régime algérien autorise ses concitoyens chrétiens à pratiquer librement leur culte et à autoriser les musulmans qui le souhaitent à changer de religion.Mais non se sera pas pour demain ,ni après demain 

    Qui a mis en valeur cette terre ?
    Qui a construit les routes, les villes ?
    Qui a cultivé les plaines ?
    Qui a soigné, instruit les populations ?
    Depuis quand les départements français sont des colonies ?
    Où est la criminalisation ?
    Stop, des excuses, oui d'être parti de chez nous..

    Pieds Noirs 9A..

    je transmets ci-dessous la lettre du PROFESSEUR SAVELLI au président BOUTEFLIKA, c'est une bonne mise au point qui ne se démode pas : la FRANCE et les FRANCAIS n'ont pas de CULPABILITE A AVOIR : pas de culpabilité = pas d'excuses ni de demande de pardon.

    LETTRE OUVERTE A ABDELAZIZ BOUTEFLIKA
    Président de la république Algérienne
    Monsieur le Président,
    En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !
    C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.
    Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force,
    « Béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout
    où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadram , Histoire des Berbères,T I, p.36-37, 40, 45-46. 1382).
    Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.
    Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.
    Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.
    Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.
    Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.
    Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans .La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !
    Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
    Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).
    Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie.
    Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.
    Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.
    Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?
    Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A.S. il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique, beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie. C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !
    Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?
    En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.
    André Savelli citoyen français, Professeur agrégé du Val de Grâce.
    "La médecine française au Sahara"

    Le Professeur André Savelli est né en 1927 à Rabat de parents originaires de Blida et Oued El Aleug. C'est l'aîné de 7 garçons, il fait ses études secondaires à Rabat. Il entre à la Faculté de Médecine d'Alger en 1945 puis à l'Ecole du Service de Santé de Lyon. Il passe sa thèse à Alger sous la direction du Professeur Benhamou puis passera trois ans comme médecin militaire à In Salah avant de rejoindre le 1er RTA à Blida. En 1961 il sera chef du service psychiatrique de l'Hôpital Maillot puis sera nommé Professeur Agrégé au Val de Grâce. Par la suite il fut Chargé de Cours en psychopathologie à la Faculté des Lettres de Montpellier et Chargé de Criminologie Psychiatrique à la Faculté de Droit. Il est l'auteur d'une centaine de publications en psychpathologie. Il est Chevalier de la Légion d'Honneur, Officier de l'Ordre National du Mérite et membre de l'Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier.


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