• Ça chauffe pour Macron : l’enquête sur l’affaire Alstom-General Electric

    Ça chauffe pour Macron : l’enquête sur l’affaire Alstom-General Electric passe au PNF  

      
    Emmanuel Macron, alors à Bercy, avait autorisé la vente d'Alstom à GE. - Sipa
     
    Voilà qui va complexifier encore un peu plus le choix du prochain patron du parquet national financier (PNF).
    A ce poste laissé vacant depuis qu'Eliane Houlette en est partie au début de l’été, le ou la futur(e) procureur(e) héritera, en plus de plusieurs enquêtes déjà sensibles, de celle sur la vente d’Alstom à General Electric que lui a transmise ce jeudi 18 juillet le parquet de Paris.
     
    "Un pacte de corruption"
     
    A l’origine du signalement à la justice, le député Olivier Marleix (LR) ne cache en effet pas sa cible : Emmanuel Macron.
    Le parlementaire qui a conduit la commission d’enquête sur Alstom s’interroge sur la concomitance de deux événements.
    Le premier : Emmanuel Macron, alors à Bercy, avait « formellement donné l’autorisation » de la vente d’Alstom énergie.
    Mais pas seulement, l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande avait « également autorisé » d’autres cessions d’actifs « d’entreprises stratégiques françaises », comme celle d’Alcatel-Lucent au groupe finlandais Nokia ou de Technip à FMC Technologies (Etats-Unis).
    Le second tient à la campagne présidentielle de 2017 : Olivier Marleix relève que le candidat Macron a bénéficié d’un « montant de dons records pour sa campagne ».
    A partir de ces deux éléments, le député interroge « le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées. » 
    Et de poursuivre dans sa lettre au parquet : « S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption. »
     
    Il faut dire que rien que sur l’opération Alstom-General Electric, c’est un torrent d’argent qui s’est écoulé.
    Les auditions de la Commission ont ainsi révélé que l’entreprise alors dirigée par Patrick Kron avait craché pour près de 300 millions d’euros de frais liés à l’opération de rachat par General Electric, sans compter les montants versés par GE lui-même.
    De bon gros honoraires représentant plus de 10% du montant du deal, proportion très au-dessus des standards (1% à 2%).
     
    L’analyse d’Olivier Marleix est qu’une partie de ces fonds se sont finalement retrouvés au travers des dons - particulièrement importants, puisque nombre des donateurs ont saturé le plafond - dans les poches du candidat Macron.
     
    Par exemple, sur les 12 millions d’euros récoltés par le parti LREM, la moitié était le fait de dons saturant le plafond de 7.500 euros.
     
    Arnaud Montebourg n’est pas loin de partager l’analyse d’Olivier Marleix.
    Pour le prédécesseur d’Emmanuel Macron à Bercy, cette pluie d’honoraires avait conduit, a-t-il dit devant la commission d'enquête qui l’auditionnait à huis clos, à ce que « tout Paris avait été loué ». Pour l’ancien ministre de l’Economie, la chose est entendue : cette prise de contrôle d’Alstom a été facilitée par ces millions pour les boîtes de lobbying, de communication, banques d’affaires et autres cabinets d’avocats chargés de vendre l’opération aux Français et aux médias.
     
    Cette mise en cause du chef de l’Etat n’en est pour l’heure qu’au stade de l’enquête préliminaire.
     
    Elle est donc à présent dans les mains du PNF.
     
    Et le choix du futur patron ce celui-ci va devenir un sujet brûlant pour l'exécutif…
     


    marianne

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