• En cet été 1962 ,les Français ne songeaient qu'à partir en vacances...

    En cet été 1962 ,les Français ne songeaient qu'à partir en vacances...

    Posté par :Pieds Noirs 9A.. 

    En cet été 1962, les Français ne songeaient qu'à partir en vacances sans accueillirent leurs frères et sœurs de sang patriote ... 

    Froideur, également, des autorités. N'ayant envisagé, contre tout réalisme, que l'arrivée de deux cent mille réfugiés - sur une population d'un peu plus d'un million -, échelonnée sur plusieurs années, celles-ci n'ont prévu que des structures d'accueil réduites au minimum. Or, en quelques semaines, c'est un demi million de personnes qui ont fui l'Algérie dans les pires conditions. Elles sont hébergées à la hâte dans des casernes, des écoles, voire de simples camps de toile. 
    Cette imprévoyance matérielle, à laquelle s'ajoute, bien souvent, la malveillance de certains fonctionnaires, ne sera compensée par aucun geste, aucune parole officielle susceptible de répondre à la détresse morale de ces malheureux. L'exemple est donné par le chef de l'État. Jamais, il n'exprima le moindre mot de sympathie pour les Français d'Algérie. Alain Peyrefitte rapporte dans le deuxième volume de ses conversations avec le général de Gaulle, " C'était de Gaulle " (Fayard/De Fallois, 1996), qu'ayant préparé à son intention un projet de discours aux « rapatriés » disant, en substance, que « la mère patrie leur ouvre tout grands les bras », il s'entendit répondre : « Vous n'avez qu'à leur dire ça à la télévision ! » Protestant que cela n'aurait pas « le millième de l'impact» que si cette allocution était prononcée par lui, Peyrefitte se fit ainsi rembarrer : « C'est votre travail. Vous avez été mis à ce poste pour ça ! » 

    Silence, aussi, des « intellectuels » qui donnent le ton à Saint-Germain-des-Prés. La plupart d'entre eux ont soutenu la cause du FLN. « Aucune grande voix ne s'est élevée en leur (celle des "rapatriés") faveur, soulignait, alors, l'historien Philippe Ariès dans l'hebdomadaire La Nation française (n° du 4 avril 1962) : pas de Michelet ni de Lamennais, ni de Proudhon. Peut-être Camus, s'il avait vécu ? ».
    Silence, enfin, des Églises. Cela valait mieux car lorsqu'elles le rompaient, c'était généralement pour condamner moralement les victimes et les inciter au repentir. 
    Les Français d'Algérie découvraient ainsi, brutalement, que la « mère patrie », que beaucoup ne connaissaient pas, dont ils s'étaient fait une représentation idéale et pour laquelle ils avaient éprouvé, depuis des générations, un amour ardent (qu'ils prouvèrent, notamment, à l'occasion des deux guerres mondiales) était devenue pour eux une marâtre.
    Aux blessures de l'exil s'ajoutaient celles, plus profondes encore, causées par l'opprobre dont ils étaient maintenant l'objet. 
    En effet, aux yeux d'une majorité de Français de métropole, les pieds-noirs n'étaient, grosso modo, que des « colons » qui s'étaient enrichis en faisant « suer le burnous ». 
    Forgée, peu à peu, tout au long des huit années du conflit algérien, cette image a fini par s'imposer à eux comme une vérité.

    « A lire une certaine presse, remarquait déjà Albert Camus en 1955, il semblerait vraiment que l'Algérie soit peuplée d'un million de colons à cravache et à cigare, montés sur Cadillac. » François Mauriac s'illustra particulièrement dans ce registre, dans son Bloc-notes de l'Express, puis du Figaro Littéraire.

    Pieds Noirs 9A..


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