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    En pleine guerre interne au FN, l'agenda de Marine Le Pen pour reprendre sa place

    Eclipsée par Mélenchon, la présidente du Front national se concentre sur la refondation d'un parti au bord de la crise de nerfs.

    PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
    En pleine guerre interne au FN, l'agenda de Marine Le Pen pour reprendre sa place.

    FRONT NATIONAL - Au soir de sa défaite au second tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen avait bombardé le Front national "première force d'opposition" face à son adversaire Emmanuel Macron, se voyant jouer le premier rôle dans une "recomposition politique de grande ampleur autour du clivage entre les patriotes et les mondialistes".

    Quatre mois plus tard, rien ne s'est déroulé comme elle l'espérait. Le Front national peine encore à digérer le débat télévisé calamiteux d'entre-deux-tours. L'alliance "historique" bâtie avec Nicolas Dupont-Aignan a fait long feu. Les élections législatives, même si elles ont envoyé l'un des plus gros contingents de députés FN à l'Assemblée, ont été jugées décevantes. Pire encore, alors même que l'extrême droite pouvait espérer profiter de l'affaiblissement de la droite pour incarner l'opposition la plus virulente au gouvernement, Marine Le Pen et ses amis se sont vus éclipsés par Jean-Luc Mélenchon et sa France insoumise.

    Plus soudée, mieux représentée à l'Assemblée et très offensive sur l'agenda social et politique, la gauche antilibérale a su faire parler d'elle tout l'été tandis que le FN s'abîmait dans ses querelles internes. Selon le baromètre Ifop-Fiducial pour Paris-Match et Sud Radio, 45% des Français jugent que la France insoumise incarne le mieux l'opposition au président de la République, loin devant Les Républicains (22%) et le Front national (21%).

    Priorité à la refondation

    C'est dans ce contexte morose que Marine Le Pen effectue ce jeudi 7 septembre sa rentrée médiatique. Après avoir disparu pendant une partie de l'été, la députée du Pas-de-Calais a choisi la grand messe du 20h de TF1 pour reprendre contact avec l'opinion et tenter de redresser une image qui s'est détériorée. En témoigne sa chute inédite dans notre palmarès des personnalités politiques réalisé chaque mois par l'institut YouGov.

    Alors qu'elle était sortie éreintée de la séquence électorale du premier semestre, Marine Le Pen a profité de l'été pour recharger les batteries et entend désormais donner la priorité à la refondation de son parti qui doit notamment changer de nom dans l'espoir d'accéder un jour au pouvoir.

    Après un séminaire réservé à ses cadres fin juillet, le FN doit adresser d'ici la fin du mois un questionnaire à ses adhérents. En parallèle, Marine Le Pen va se lancer à partir de ce dimanche à la rencontre des militants de son parti pour écouter leurs doléances. "Il y aura une dizaine d'étapes, à la rencontre des militants, des cadres, des fédérations. C'est un tour de France qui va se répartir sur le territoire", a expliqué Jean-Lin Lacapelle, secrétaire général adjoint du parti.

    Cette tournée durera "6 mois, jusqu'au congrès" du FN prévu entre février et mars 2018, et lors duquel Marine Le Pen devrait être candidate à un nouveau mandat de présidente du parti d'extrême droite. Une victoire haut la main permettrait à la dirigeante de faire taire définitivement les doutes soulevés par sa prestation critiquée pendant la campagne présidentielle.

    Reste que la rentrée de Marine Le Pen et la refondation du parti s'annoncent perturbés par les bisbilles internes entre deux sensibilités concurrentes au FN. Bisbilles dont l'intensité n'a cessé de monter en puissance et ce malgré les rappels à l'ordre de la présidente du parti.

    Le FN en pleine "rediabolisation"

    D'un côté, Florian Philippot et ses soutiens, partisans d'une ligne "ni de gauche ni de droite", militent pour la sortie de l'euro et une posture offensive sur les questions sociales. De l'autre, le secrétaire général Nicolas Bay et l'outsider Robert Ménard, rêvent d'une union des droites centrée sur les questions identitaires et une ligne plus libérale susceptible de séduire l'électorat de droite qui résiste au FN.

    Depuis des mois, ces deux courants s'affrontent sans relâche sur les réseaux sociaux. Pour calmer ses troupes, Marine Le Pen a puni Sophie Montel, lieutenante de Florian Philippot et cadre historique du parti, en lui retirant la présidence de l'opposition FN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Mais cette sanction n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. Rien que cette semaine, les coups ont redoublé d'intensité.

    "Il y a des clans à l'intérieur du FN, il y a le clan (Louis) Aliot-(Nicolas) Bay-(Bruno) Bilde, (...), ces gens veulent l'union des droites, ce n'est plus le ni droite ni gauche, or moi je me suis toujours battue pour le ni droite ni gauche", a déploré Sophie Montel dans un entretien télévisé, avant de dénoncer une "rediabolisation" du FN.

    Accusé de vouloir s'émanciper du FN en créant son association Les Patriotes, Florian Philippot a eu une réplique cinglante: "Moi je leur dis : 'Bossez! Pendant que vous travaillez, vous évitez de dire n'importe quoi, de délirer, ce sera beaucoup plus efficace'". Ce à quoi le député GIlbert Collard a rétorqué ce mercredi dans Le Figaro: "Ce n'est pas parce qu'il y a à l'heure actuelle un concours d'apparitions médiatiques que ceux qui ne vont pas tous les matins dans une émission de télévision ne travaillent pas. Il faut arrêter cette boursouflure de l'égo".

    De son côté, Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen, s'est fendu d'un billet sur Facebook pour dénoncer "le festival de montgolfiérisarion de cette rentrée". Manière d'étriller, sans le nommer, le "narcissisme" de Florian Philippot. "Le pire du pire des gauchistes", étrille Robert Ménard.

    Ce débat sur la ligne, doublé d'une profonde querelle de personnes, ne devrait pas s'arranger avec l'élection annoncée de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains, dont la ligne ultra-droitière pourrait faire de l'ombre au FN. "Marine doit se méfier de Wauquiez. [...] De tous les leaders de la droite, c'est probablement le plus attractif pour les électeurs du Front national", prévient dans Le Parisien Jean-Marie Le Pen, lui aussi hostile à Florian Philippot.

    Avant de rassembler, Marine Le Pen va devoir trancher.

    http://www.huffingtonpost.fr


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