• L'histoire d'un passé refait surface dans un pays comme dans un autre ...

     Posté par :Pieds Noirs 9A..

    Article de Jean Monneret. Historien.

    Il faut toujours apprendre l'histoire de son passé, pour savoir demain l'avenir d'un pays ou d'un autre ,car la même vision  des choses ,la même actualité revient un jour faire face ... 

     Un texte écrit il y a quelques années et toujours d’actualité, Hélas !

    Le « spécialiste » allemand, auquel je faisais allusion dans un précédent article, a, de nouveau, frappé. S’adressant à la même personne, il justifie derechef les attentats contre les civils durant la Guerre d’Algérie.
    Son argumentation est simple :
    1°/ Durant ce conflit, la majorité des Algériens soutenait le FLN. Argument parfaitement inepte que l’intéressé serait incapable de justifier sérieusement.
    2°/ Compte tenu de la violence du système colonial, le FLN a adopté une stratégie révolutionnaire également violente. S’attaquer aux civils européens était donc partie intégrante de cette stratégie, car ces derniers étaient solidaires du régime colonial.
    Traduit en bon français, cela signifie : « Tant pis ou bien fait pour eux ! ». En somme, nous étions un peuple en trop. Cela rappelle quelque chose.
    On reste évidemment stupéfait devant une telle montagne de cynisme. Jusqu’où la bonne conscience de ces gens ira-t-elle ? Pourquoi des intellectuels peuvent-ils être aussi froids, aussi durs, aussi méchants ?
    Les enfants de 10 ans, les bambins mutilés du Milk-Bar, le bébé de 16 mois dont j’ai parlé précédemment étaient donc solidaires du colonialisme ? Ils méritaient la mort ? Ils méritaient la souffrance à vie ? Voilà ce que pense le dit bonhomme, « spécialiste » et pro-FLN.
    On est d’abord scié, estomaqué par ce mépris de la souffrance et de la vie humaine. Et puis, ensuite, on se dit qu’il faudrait rappeler à ces gens, qui ne sont, peut-être, pas tous des monstres, les fondements de l’existence sociale.
    Toutes les sociétés ont placé, au premier plan, parmi les principes qui les guidaient, le respect de la vie humaine. La considération portée aux êtres que nous sommes, repose sur l’idée fondamentale que nos existences sont en quelque sorte sacrées.
    Il s’agit d’une valeur de base. Elle crée toute vie sociale civilisée. Sans une valeur supérieure, attribuée à la vie humaine, la barbarie se rapproche. Certaines sociétés ont très imparfaitement appliqué ce principe. Mais, quelles que soient les faiblesses et les ignominies des hommes, le respect de la vie posé comme principe, fonde toutes les communautés sociales. Seules les sociétés communistes, ou le national-socialisme ont écarté cette règle. Elles ont été, par nature, des sociétés criminelles et hautement criminelles.

    Vouloir « libérer » une société, par le terrorisme, considérer que « la fin justifie les moyens » conduit aux mêmes égarements sanglants, comme l’exemple de l’Algérie le montre encore aujourd’hui. Paraphrasant les Ecritures, on pourrait dire : Qui usera du terrorisme, périra par le terrorisme.
    A tous les cyniques qui ont remplacé la morale par les eaux glacées du calcul politique, nous rappellerons, inlassablement, que le terrorisme étant inhumain ne peut servir aucune cause humaine.
    Et nous rappellerons, non moins inlassablement, ce que nous tenons pour la plus haute des vérités, à savoir que l’homme n’est ni une chose, ni un légume mais un être créé par Dieu, à sa ressemblance et à son image. Ceux qui font bon marché de la vie humaine, créent les conditions de leur anéantissement. Les bureaucrates algériens et leurs amis idéologues ne manqueront pas de s’en rendre compte.

    Post-scriptum
    J’ajoute une chose essentielle. Durant la Guerre d’Algérie, le FLN n’a pas commis que des attentats aveugles, il lui est arrivé de commettre des attentats ciblés. Ceci n’a pas échappé à la sagacité de Mohand Hamoumou, fils de harki. Dans son livre, Et ils sont devenus harkis, il précise que ce sont les administrateurs dévoués aux indigènes, les patrons européens équitables avec leurs employés arabes ou kabyles, tous ceux parmi les Pieds-Noirs qui furent un pont entre les communautés, que le FLN visa en priorité. En tuant le 21 juin 1961, à Constantine, le célèbre musicien juif, Raymond Leyris, spécialiste du malouf, adulé des Musulmans, le FLN assassinait quelqu’un, qui, plus que tout autre, représentait un lien entre les Juifs et les Musulmans. Voilà un attentat ciblé, s’il en fut. Il eut pour conséquence, qu’un an après, en juin 1962, 90 % des Juifs de Constantine avaient fui l’Algérie. Vous avez dit : « épuration ethnique ? »
    Mais notre « spécialiste » allemand, idéologue pro-FLN, trouvera sans doute cela logique. Les Juifs algériens étaient, peut-être, solidaires du régime colonial.
    Autre chose, l’assassinat par le FLN de l’administrateur Dupuis, père de neuf enfants, qui se dévouait sans trêve pour les Musulmans. Ce meurtre qui révolta tant Jacques Soustelle, répondait à la même logique. Dupuis, ne servait-il pas le régime colonial ? N’était-il pas un pont entre les communautés ?
    Fermez le ban !
    Non, ne le fermons pas encore. Le terrorisme du FLN est à rapprocher de ce que le tribunal militaire de Nuremberg a caractérisé comme « crime contre l’humanité » dans l’article 6 de son statut. Rappelons-en les termes :
    « l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout acte inhumain commis contre toutes populations civiles.. » Voir www.ladocumentationfrançaise.fr/dossiers/cpi.(qui en ce moment se site fonctionne mal)..
    L’ONU n’a pas encore reconnu le terrorisme comme crime contre l’humanité. Par contre le statut du TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda) l’a désigné (paragraphe d) comme crime de guerre.

    Jean Monneret.

    Historien.


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