• La France reconnaîtra un jour les siens. "Les Barbouzes"

     Les Barbouzes

    Publié par Pieds Noirs 9A..

    N° 4512 

    LES BARBOUZES 

    C'est le nom donné par Dominique Ponchardier, un aluminé de romans d'espionnage. Spécialiste dans les renseignements pendant la dernière guerre mondiale a entrevue une occasion de se faire du fric avec l'affaire Algérienne. Bombardé ensuite pour sa fidélité au grand De Gaulle, comme ambassadeur de France en Bolivie. Là, il a pu se consacrer à la recherche de ses nouveaux personnages pour ses romans. 

    Ainsi va la vie. " Le fric ".

    Donc " les barbouzes " une armée parallèle mixte, civile, militaire et recrutement dans la racaille du petit et grand banditisme. Mis en place pour combattre les partisans de l'Algérie Française par De Gaulle et dirigée par Debré.

    Carte blanche était donnée aux barbouzes pour mettre fin d'une façon ou d'une autre à la résistance de gens désespérés qui savaient les conséquences et pour la France, et les populations profrançaises d'Algérie.

    De Gaulle avait mis en place, après la tentative des Généraux, des officiers, des fonctionnaires et des politiques dévoués aveuglement à sa cause. Tous les postes importants dans l'administration, dans la gendarmerie et points stratégiques comme la télévision, les aéroports avaient changé de mains.

    Donc les barbouzes pouvaient en toute impunité agir dans tout les départements français d’Algérie. 
    Des locaux étaient mis à leur disposition dans les compagnies de gendarmerie, dans les villes importantes de façons à former une toile d'araignée.
    La gendarmerie fournissait les véhicules et les renseignements.

    C'est ainsi qu'Ain-Témouchent, l'adjudant-chef commandant la brigade, me demandait de boire l'anisette avec les pieds-noirs pour obtenir des renseignements contre l'OAS et les remettre au responsable barbouze du coin. Ma réponse a été catégorique, " je ne suis pas gaulliste ".

    La pièce de torture se trouvait dans une pièce de la compagnie. Une activité toute particulière régnait de nuit. Les véhicules arrivaient avec des personnes arrêtées en dehors des heures légales. Les interrogatoires se poursuivaient sans relâche. Rien ne transpirait. Le secret total était conservé. Seul notre ivrogne d'adjudant-chef se pavanait et s'entretenait avec un adjudant détaché à la section des barbouzes avec un gendarme aussi con qu'eux. Ils prenaient des airs mystérieux, conspirateur et discutaient à voix basse les yeux regardant la pointe de leurs chaussures. Le capitaine de la compagnie, un inconditionnel de De Gaulle ou a ses gallons, encore un autre ivrogne affecté après le putsch, se prenait pour dieu-le-père. Il renseignait les fellaghas sur les hommes de l'OAS. Il encourageait le FLN local à suivre la politique de De Gaulle

    Deux ou trois mois avant l'indépendance il faisait distribuer aux FLN toutes les armes saisies aux pieds-noirs par les gendarmes mobiles. 

    Les gendarmes mobiles ne se sont pas gêner pour se servir des plus belles armes de collection et les arborer en bonne place chez eux pour épater les amis. Comme les médailles. Je ne reviendrai pas ici pour raconter comment la plupart ont obtenu les leurs. Je l'ai déjà dit par ailleurs. 
    Ont les appelaient " la rouge " à cause du liserait rouge entourant leur képi. Cette allusion était faite pour démontrer qu'ils avaient du sang de Français dans les mains. Quelque temps après le liserait devint jaune. 

    Comme pour l'assassinat de Darlan par La Chapelle à qui héritèrent tous les deux sur leurs tombes de " Mort pour la France ". Les barbouzes eux pour actes de bravoures à torturer d'autres Français recevaient les mêmes médailles que les gens honnêtes qui luttèrent pour que vive l'Algérie Française. Cette situation était la même sur toute l'Algérie.

    L'Armée n'existait que par son manteau de honte. Les officiers supérieurs de salons, avaient pris la place des valeureux Généraux qui brisèrent leur carrière et sacrifièrent leur famille pour honorer la parole donnée par notre traître de Président de la République.

    Les autres officiers que je considère comme des lâches, acceptaient les gallons sans honte alors qu'ils étaient d'accord pour le putsch et avait donné leurs accords et préférèrent attendre, comme les Italiens, de savoir qui allait gagner pour se rallier au plus fort. Honte a eux.

    Je me trouvais au moment du putsch dans le 2ème bureau de l'Armée à Aint-Témouchent. Le colonel commandant le secteur de la région ne sortait pas de son bureau. Nous attendions tous pour partir sur Oran. Il suffisait d'un ordre qui n'est jamais venu. Les CRS de Tlemcen étaient déjà sur la route pour se rallier aux Généraux. La raison nous était donnée : " le colonel attend de voir comment les avènements vont tourner avant de se décider de donner l'ordre de foncer ".

    Voilà le courage de quelqu'un qui allait être quelque temps après élevé au grade supérieur pour fidélité au général De Gaulle. Ils étaient combien dans ce cas ?

    La tension que les barbouzes créèrent n'a fait qu'augmenter la haine entre gaullistes et pro-Algérie Française. 

    Les Français musulmans se sentant lâchés se ralliaient aux groupes de fellaghas qui arrivaient par enchantement dans la région. Les attentats contre les européens qui, sans distinction, se faisaient égorger sans que l'armée de barbouzes bougent le petit doigt.

    L'Armée  elle avait reçu l'ordre de ne pas bouger ou d'aider seulement aux arrestations des Français favorables à l'OAS.

    Les harkis qui n'avaient pas désertés en temps voulu parce que la promesse leur avait été faite qu'ils allaient être protégés, étaient égorgés. Les parents et leurs familles subissaient le même sort.

    C'est ainsi que chaque fois que les commandos de l'OAS avaient l'occasion de faire payer les barbouzes pour les saloperies commises, la population applaudissait. Moi aussi.

    Le 24 janvier 1962 à la suite d'un renseignement, un piège était tendu au siège des barbouzes d'Alger qui avaient élu domicile sous de faux noms à la villa Andréa, 8 rue Fabre à El Biar - Alger- Belle villa au milieux des orangers et des bougainvilliers.

    D’un bout à l’autre de l’Algérie nous nous sentions soulagés, nos morts étaient enfin vengés et des tortionnaires et traîtres  à la Patrie éliminés.  

    Certains de ces héros allaient payer de leur vie ces actes de bravoures et les ennemis décorés par De Gaulle.

    La France reconnaîtra un jour les siens.


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