• NOTRE PAYS DÉPARTEMENTS FRANÇAIS DONT LA FRANCE ÉTAIT PROPRIÉTAIRE !

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    N°4516  

    19 mars 1962 : l'exode le plus poignant de l'histoire de France

    1962, les Français d'Algérie quittent leur pays natal ou ils sont nés

    La souffrance et que de souffrance pour nous dire a nous Français "Que les pieds-noirs aillent se réadapter ailleurs" déclare Gaston Defferre, sénateur-maire de Marseille à Paris-Presse l'Intransigeant, le 26 juillet 1962.

    L'histoire s'achève pour nous ..., quand, accoudés au bastingage du paquebot a l’embarcadère du port d'embarquement ,<<pour moi Alger>> ou les yeux collés sur Alger ma ville ,  comme nous voyons s'effacer notre ville . Un dernier regard jeté sur cette baie d'Alger et puis l'étendue de la mer . L'exil commence là,  ou les pleurent en sanglots saigne de notre font du cœur ,dans cette absence de repères, dans cet inconnu  que nous allons vers lequel que nous connaissions pas a part les anciens comme mon papa et grand papa mort pour la France ,revenu dans un cercueil à Alger ..

    J'avais 14 ans et je me souviens de tout, de la beauté d'Alger dans la journée du 9 Aoüt 1962  , plus beaucoup de Français sur Alger  ,du silence gêné des Algériens que l'on croise sur le quai des Messageries Maritimes, des gens qui pleurent, des enfants qui ont emporté avec eux leurs cages d'oiseaux ,comme moi mes deux tourterelles , des vieilles femmes dans des chaises roulantes, de ces valises en cartons achetées en hâte sur les trottoirs de la ville, et dans lesquelles on a fourré le minimum. On ne connaît rien de la France, on sait seulement qu'il y fait plus froid que chez nous...

    On part pour la France parce qu'on est Français, et que l'on se sent plus Français que les Français, mais on sait aussi que la France ne nous aime pas, ni à gauche ni à droite. Le cliché du pied-noir nabab roulant en Cadillac,cigare aux coin des lèvres et le fouet manche en or dans le coffre de la cadillac  , d'avoir la peau dure...

    Alors que la vérité est tout autre: on revient en France comme nos ancêtres, après la conquête, sont arrivés en Algérie: sans fortune, utopistes et courageux, croyant naïvement aux "bienfaits de la civilisation". Mais cette fois-ci, le voyage est funeste et douloureux: on est les vaincus de l'Histoire. Sur le pont des paquebots, en pleine mer, les hommes la refont. Ils essaient de comprendre l'engrenage de la haine, les pièges de la violence tendus par la rébellion, les promesses et les trahisons, l'impossible réconciliation, mais aussi l'impensable idée de partir de cette terre occupée par leurs aïeux depuis plus de 5 générations...

    Pour l'heure, nous fuyons nôtre pays natal, "bessif", comme on dit en Algérie, par force. << la valise ou le cerceuil>>  "Regardez-nous, nous sommes partis  une main devant, une main derrière"... autant dire avec rien...

    Surtout le massacre non oublier ...

    Malgré les accords conclus entre les deux parties, seront assassinés: 3000 disparus, des centaines massacrés le 5 juillet à Oran, jetés dans des puits, abandonnés dans des poubelles, kidnappés, torturés, vidés volontairement de leur sang...

    Silence d'Etat, silence radio des autorités Algériennes comme Française encore à ce jour (2018). Qui rendra jamais compte de ces Français tués dans l'indifférence totale et dans la liesse de l'Indépendance? Arrivés en France, l'accueil réservé a nous  rapatriés ou expatriés !, étant surréaliste. Bricolée en toute hâte devant l'afflux de plus en plus massif des arrivants, l'aide est dérisoire. La première image que j'aie de la France à mon arrivée à Marseille est une banderole de syndicalistes du port de la ville, déployée sous nos yeux médusés: "Retournez d'où vous venez !" ... Alors que ses syndicalistes avait de plus gros salaire que nous masse d'ouvrier d'Afrique du Nord  .Quelques services de l'Etat et de la Ville de Marseille nous attendent au débarcadère. Personne ici ne mesure l'ampleur du drame. Traités de fascistes, d'extrêmistes dangereux, de colonialistes enrichis sur le dos de la France et des Algériens, tenus responsables de la mort des jeunes appelés du contingent, de ne pas avoir servi un verre d'eau  ,nous sommes voués à l'opprobre collective.

    Gaullistes, communistes, socialistes, intellectuels attisés par Sartre et ses amis, scellent une alliance sacrée, tous se rejoignent comme des mouches  pour nous accuser. Les Pieds-Noirs baissent la tête, font la queue pour avoir un bol de soupe chaude distribuée par des associations caritatives! Depuis le début de l'année 1962, des indices pouvaient déjà rendre compte de l'état d'esprit du pays. La Croix avait donné le ton en février. Ciblant les jeunes Pieds-Noirs, il recommande "d'éviter de laisser notre jeunesse se contaminer au contact de garçons qui ont pris l'habitude de la violence poussée jusqu'au crime ,de ne pas laissé leurs filles fréquenté les jeunes Pieds-Noirs qui pourrait déformer le ventre de vos filles " ...

    Pour cela, et devant l'ampleur de l'exode, De Gaulle préconise la "dilution" des familles dans tous les départements afin d'éviter toute concentration. Francois Billoux, député communiste, sonne la charge: "Ne laissons pas les repliés d'Algérie devenir une réserve du fascisme". Notons au passage le terme de "repliés": le mot même de rapatriés nous est refusé! Cette idée tenace que nous sommes de dangereux fascistes persiste jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat: Louis Joxe, au conseil des ministres du 18 juillet 1962, déclare: "Les Pieds-Noirs vont inoculer le fascisme en France. Dans beaucoup de cas, il n'est pas souhaitable qu'ils retournent en Algérie ni qu'ils s'installent en France. Il vaudrait mieux qu'ils aillent en Argentine ou au Brésil." De Gaulle et ses ministres approuvent...

    Toute la classe politique tient le même discours: au même conseil des ministres, De Gaulle ajoute à l'observation de Joxe: " Il faut les obliger à se disperser sur l'ensemble du territoire." Qui sait comment "la mauvaise graine" peut fructifier, insiste Joxe. Boulin, courtisan, veut apaiser l'inquiétude latente de De Gaulle: " Ce sont des vacanciers, il n'y a pas d'exode, contrairement à ce que dit la presse", déclare-t-il au conseil de ministres du 30 mai 1962. Même propos au conseil des ministres du 17 juin: "Ce sont bien des vacanciers jusqu'à ce que la preuve du contraire soit apportée".

    Gaston Defferre, le bouillonnant sénateur-maire de Marseille, accorde une interview, demeurée fameuse, à Paris-Presse l'Intransigeant, le 26 juillet; il s'emporte et dérape: "Que les pieds-noirs aillent se réadapter ailleurs", déclare-t-il à la une du journal. Les Pieds-Noirs apprécient... Le journaliste insiste: "Et les enfants?" Defferre répond: "Ici, pas question de les inscrire à l'école, car il n'y a déjà pas assez de place pour les petits Marseillais"! L'Humanité n'est pas en reste, ironise sur le look des exilés: "Ils ont une drôle d'allure, ces passagers en provenance d'Algérie". Pas un mot de compassion.

    De leur côté, des employés du port de Marseille font de l'activisme. Les cadres de déménagement qui sont débarqués des soutes des paquebots sont pour certains jetés à la mer, ou bien ouverts et pillés. "Au moins le tiers de ces coffres était éventré, raconte Serge Groussard. Leur contenu gisait, épars, sur le sol... Des hommes rôdaient parmi ces choses. Tous avaient les bras chargés de butin." Une fois reconnu l'ampleur de ce désastre humanitaire, De Gaulle ne faiblit pas.

    Le 22 octobre, Peyrefitte raconte qu'il lui "expose le spectacle de ces rapatriés hagards, de ces enfants dont les yeux reflètent encore l'épouvante des violences auxquelles ils ont assisté, de ces vieilles personnes qui ont perdu leurs repères, de ces harkis agglomérés sous des tentes, qui restent hébétés..." Mais de Gaulle est intraitable: "N'essayez pas de m'apitoyer", répond-t-il!.

    Les mois passent et les saisons. Les pieds-noirs ne rentrent pas en Algérie. nous étions pas vacances. Certains, choqués par l'accueil qui leur est fait, acceptent les propositions avantageuses que leur offrent l'Espagne et certains pays d'Amérique du Sud. La plupart restent en France. Ceux que De Gaulle appelait méprisamment "ces Fernandez, ces Lopez, et autres Segura qui se voudraient Français", recommencent l'aventure pionnière.

     Nous les Pieds Noirs achètent des propriétés abandonnées du Sud-Ouest ou d'ailleurs, implantent de nouvelles cultures, restaurent les maisons. Les fonctionnaires, réinstallés dans la fonction publique souvent dans un échelon inférieur à celui qu'ils avaient en Algérie, réapprennent à vivre en paix. En 1964, De Gaulle dit à Peyrefitte: "Ils ont été absorbés comme un papier buvard. Ca aurait pu être un fléau pour la France. Nous constatons qu'ils contribuèrent à l'expansion Française..." Retournement de ton. Nous sommes des "buvards", autant dire des modèles d'intégration.Comme avait dit madame Eva Joly des année plus tard ...

    Les Pieds-Noirs possèdent au plus haut point l'art du rebond. nous sommes, rivés au coeur, un courage et une volonté de fer, nous laissons dire en souriant mais n'oublient pas. Fidèles et loyaux à la France quand celle-ci les croyait félons et dangereux terroristes...

    LA REPENTANCE ,QUE LA VRAIE,LA SEULE REPENTANCE ,C'EST A NOUS ET A NOS FRERES HARKIS QUE LA FRANCE DEVRAIT ADRESSER !...

    Pieds Noirs 9A..


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