• Quand Cannes donne sa palme à un vrai film de droite

    The Square : quand Cannes donne sa palme à un vrai film de droite

    Cette année, à la surprise générale, The Square, réalisé par le Suédois Ruben Östlund (2017), a reçu la palme d’or cannoise. Les journaleux auraient tellement préféré que ce soit 120 battements par minute, de Robin Campillo, hymne à la “gaytitude” face au sida. Mais les vomissements des critiques de Libération, Téléramaou des Inrockuptibles sur le film étant plutôt un bon signe, je suis donc allé le voir.

    En remettant sa récompense à The Square, le président du jury, Pedro Almodovar, a parlé d’un film qui osait parler de la dictature du politiquement correct. Il aurait pu ajouter une œuvre qui ne craint pas de s’en prendre aux vaches sacrées de l’intelligentsia.

    The Square est à regarder au moment où, sur la façade de Beaubourg, un type sans doute à l’image de Christian (Claes Bang), le personnage principal du film, a autorisé la pose de la sculpture “enculator », pardon “domestikator », (un homme sodomisant un chien) sur la façade du musée parisien. Après le vagin de la reine à Versailles et un plug anal place Vendôme, en pleine folie de “balancetonporc”, voilà qui est jouissif.

    The Square raconte quelques jours de la vie de Christian, intellectuel bobo au physique de dragouilleur james bondesque. Il roule en Tesla, est divorcé, couche facilement, s’occupe de ces deux gamines avec la mollesse des parents suédois modernes.

    Christian représentante cette bobosphère occidentale qui nous fait la morale mais qui a bien du mal à mettre sa vie quotidienne en accord avec ses principes politiquement corrects. Il déplore l’hypocrisie de la bourgeoisie mais en est un membre pleinement actif (dans tous les sens du terme), regrette l’inconsistance des valeurs de sa société (notamment en ce qui concerne le sort des migrants que tout le monde plaint mais personne ne cherche à aider) mais en profite quand il le peut.

    Christian est conservateur du musée d’art moderne de Stockholm, musée judicieusement situé pour les besoins du film dans le palais royal suédois.

    Il est assisté d’un homme et d’une femme visiblement issus de l’immigration et d’une incompétence souriante.

    Les premières minutes de The Square nous montrent la destruction d’une statue équestre pour la remplacer par un carré lumineux au centre duquel, sur une plaque de cuivre, on lit: « Le Square est un sanctuaire où règnent confiance et altruisme. Dedans, nous sommes tous égaux en droits et en devoirs. »

    Christian commande une campagne de communication ayant pour mission de faire le “buzz” sur cette installation. Un cabinet dirigé par un vieux beau qui trimballe son bébé dans un couffin au nom de l’égalité des sexes et comme preuve qu’il baise avec une jeunette est responsable de cette boîte de com’. Deux jeunes crétins prétentieux sous ses ordres diffusent sur YouTube un film de quelques secondes qui se concluent par l’explosion d’une gamine blonde de sept ou huit ans visiblement dans la misère.

    Le “buzz” est réussi. Même s’il semble outré, le public clique sur le petit film : 300 000 vues en une poignée d’heures.

    En parallèle à cette histoire, Christian, au cours d’une scène aux allures de performance, croit, dans l’indifférence générale des passants, venir en aide à une jeune femme en détresse pourchassée par une brute. Tout fier de son pseudo courage, il constate quelques minutes plus tard que c’était pour lui voler son portefeuille et son portable.

    Les moyens qu’il met en branle pour les récupérer sont un peu ridicules et surtout l’occasion de décortiquer les réactions d’un bobo qui se heurte à la réalité.

    Chaque plan de The Square est une œuvre d’art moderne, notamment celles des poubelles où, comme Boltanski avait étalé des fripes au Grand Palais, il éventre les sacs de conteneurs à ordures de son immeuble et étale les immondices pour retrouver un numéro de téléphone.

    Quand Christian perd ses gamines insupportables dans une galerie commerciale, il demande à un mendiant certainement d’origine étrangère de lui garder ses sacs d’achats faits dans des boutiques de luxe pendant qu’il part à la recherche de sa progéniture.

    A sa réponse à une question d’une journaliste américaine lui demandant des explications sur un texte particulièrement abscons mis en ligne sur le site du musée, on saisit à la fois la vacuité du personnage et celle de l’art contemporain qui n’a rien inventé depuis Marcel Duchamp et son urinoir signé. Sans discours, cet art se résume à des constructions ridicules comme celle de chaises en équilibre instable et bruyant ou celle de ces tas de gravier qu’un “technicien de surface” du musée détériore en les balayant. Christian refuse d’appeler l’assurance et explique qu’il suffit d’aller récupérer les graviers dans leur sac poubelle et de les remettre sur les tas.

    Plus tard, quand après avoir copulé avec la journaliste américaine, Christian refuse de lui confier son préservatif usagé sans fournir de raison valable, Östlund nous montre, dans cette longue scène, toute la méfiance que la société occidentale a créé dans les relations humaines. Christian a peur de ce que pourrait faire l’Américaine de son sperme : sans doute craint-il une accusation de viol.

    Les critiques de la pensée mainstream trouvent les scènes du film interminables à l’exemple de celle du happening au milieu du dîner des donateurs. Dans cette scène, un artiste imite un chimpanzé au milieu des convives qui baissent la tête. Peur, lâcheté, soumission à la violence de l’art contemporain. Un invité pris à partie par l’homme-singe s’enfuit. Puis l’artiste s’attaque à une jeune femme, la tire sur le sol par les cheveux. Personne ne bronche. Mais quand il fait mine de la violer, un spectateur âgé vient la défendre. Et c’est la curée, le retour aux instincts de protection de la femme blanche. La policée société suédoise tente de tuer l’homme sauvage à coups de poing et de pied.

    Les critiques font semblant de ne pas saisir que c’est grâce à la durée de telles séquences que Ruben Östlund nous fait comprendre, en nous mettant mal à l’aise, la stupidité maladive et profonde de l’art contemporain et celle de nos sociétés occidentales pathétiques et désœuvrées.

    The Square est un vrai film de droite.

    Il ne nous permet aucune illusion sur la nature humaine formatée par le politiquement correct et la bien-pensance contemporaine. Est-ce pour cette raison que nous n’étions que sept dans la salle ?

    Marcus Graven

    Source : http://ripostelaique.com


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