• Après la guerre, des milliers de nazis ont réussi à prendre la fuite à l'aide de l'Église catholique

    Le passeport utilisé par Eichmann pour entrer en Argentine. Via Wikimedia Commons.

    En mai 1945, profitant du chaos qui régnait en Allemagne, où des millions d'anciens prisonniers de guerre, de forçats et de survivants de l'Holocauste étaient sur les routes, des milliers de nazis hauts placés en profitèrent pour filer à l'étranger. Parmi eux, rappelle l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, des criminels tels que Adolf Eichmann, responsable de l'organisation de la «solution finale», Josef Mengele, médecin au camp de concentration d'Auschwitz, et Franz Stangl, commandant des camps d'extermination de Treblinka et Sobibor.

    Sans le soutien de l'Église catholique, un si grand nombre de nazis n'auraient pas réussi à fuir:

    «Ils pouvaient compter sur un réseau de passeurs bien organisé en Autriche et en Italie. La CIA surnomma la route la plus empruntée la "ligne des rats": via les Alpes autrichiennes jusqu'au Tyrol du Sud, puis dans la ville portuaire de Gênes, et de là vers l'Amérique du Sud. De hauts dignitaires de l'Église catholique aidèrent avec zèle les assassins à s'exiler. Les criminels de guerre quittaient le territoire avec des passeports de la Croix rouge qui avaient été certifié par des prêtres. Ils furent également nombreux à gagner l'Espagne franquiste déguisés en moines, allant de monastères en monastères, et à quitter l'Europe depuis Barcelone.»

    L'évêque autrichien Alois Hudal, un nazi convaincu, et le prêtre croate Krunoslav Draganovic, responsable de la déportation de milliers de juifs et de Serbes sous la dictature des Oustachis durant la Seconde Guerre mondiale, furent des personnages-clefs de ces réseaux d'exfiltration. Le premier négociait directement avec le président argentin Juan Perón, grand admirateur d'Hitler, pour obtenir des visas pour les soldats allemands, tandis que le second produisait des faux papiers à la chaîne, faisant fortune en vendant ses passeports 1.400 dollars pièce aux anciens camarades nazis. Le Vatican était au courant de l'existence de ces réseaux. Pie XII fit même don de 30.000 lires à Hudal en 1949.

    La plupart des membres de l'Église catholique qui sont venus en aide aux nazis l'ont pourtant fait non pas par affinité idéologique mais par crainte du communisme, explique l'historien Gerald Steinacher, spécialiste des réseaux d'exfiltration des nazis, à la chaîne de télévision publique autrichienne ORF:

    «Le pape n'a certainement pas dit: aidez les criminels nazis à prendre la fuite! Mais la direction de l'Église catholique était majoritairement contre la politique de dénazification menée par les Alliés et voulait récupérer les Allemands aussi vite que possible dans la famille chrétienne de l'Europe afin de renforcer la lutte contre le communisme.»

    Les catholiques ne furent pas les seuls à venir en aide aux nazis qui ont fui l'Allemagne. Le service de renseignements de l'armée américaine de l'époque, le Counter Intelligence Corps (CIC), a ainsi organisé la fuite de Klaus Barbie vers la Bolivie en le faisant passer par l'Italie en 1951. Ce dernier avait été recruté comme espion trois ans plus tôt par le CIC.

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  • Le martyr des moines de Tibhirine Le martyr des moines de Tibhirine Le martyr des moines de Tibhirine

             Bruno                     Celestin                   Christian

    Le martyr des moines de Tibhirine   Le martyr des moines de Tibhirine Le martyr des moines de Tibhirine

          Christophe                  Luc                     Michel

    Le martyr des moines de Tibhirine

      Paul  

     La communauté de Tibhirine a traversé, depuis son installation en 1938, bien des périodes difficiles, mais sa présence a toujours pu être sauvegardée jusqu'à ces années 90.


    Aperçu sur la situation en Algérie

    En février 1989, un changement structurel important intervient en Algérie. Une nouvelle constitution est adoptée, marquant la fin du monopole politique du FLN (Front de Libération Nationale), et instaurant la liberté d'expression. Révolution pour le peuple, et occasion pour les voix islamistes bien décidées à se faire entendre à travers de nouveaux partis politiques, et les premières élections libres... Les élections municipales voient la victoire du FIS (Front Islamique du Salut). La situation du monastère, malgré quelques discours d'exclusion, reste bien ancrée et acceptée au sein de la population locale, et les frères sont dans un souci constant de partage et de collaboration avec le voisinage.

    Aussi, lorsqu'en 1992 une flambée de violence commence à embraser la capitale algérienne, suite à des manœuvres politiques, les frères vibrent à ces événements. La vie continue avec ses gestes de partage, mais « les temps restent difficiles à vivre : barrages, perquisitions, attentats ; fusillade l’autre jour, à un arrêt de bus, etc … » (diaire de la Communauté du 18 mai 1993).
    Peu à peu, l'Algérie s'enfonce dans une guerre civile, et les groupes islamistes armés lancent un ultimatum aux étrangers afin qu'ils quittent le pays. L' Algérie est mise à huis clos. Dès la fin de l'ultimatum, des étrangers sont assassinés. Le 14 décembre 1993, un groupe armé massacre douze croates sur un chantier tout proche du monastère. La communauté est profondément bouleversée.

    Après l’ultimatum du G.I.A. du 1er  décembre 1993

    Quelques jours plus tard, la nuit de Noël, ce même groupe armé pénètre dans le monastère. Son chef pose plusieurs exigences. Après discussion avec frère Christian, ils repartent promettant de revenir. Les frères sont saufs, mais la communauté se trouve désormais prise en étau entre, d'une part, les «  frères de la montagne », les islamistes, et d'autre part, les « frères de la plaine », les militaires. Aidés dans le discernement par Mgr Teissier, les frères imaginent d'abord un départ progressif, mais sans être vraiment en paix avec cette option. S'affirme alors rapidement entre tous le désir de rester ensemble, tout en prenant des dispositions pour écarter ce qui s'apparenterait à un suicide collectif. C'est dans ce laps de temps que frère Christian écrit son testament spirituel : "Quand un A-Dieu s'envisage" . 
    Et tandis que la litanie des assassinats continue de dresser la liste des “mécréants” aux yeux des islamistes, les voisins s'inquiètent et manifestent leur attachement à la présence fraternelle et rassurante de la communauté.
    Les frères vont continuer la vie monastique, dans cette conscience d'une « mission de respiration », de priants (Thomas Merton). Elle consiste à garder vive l'espérance, comme Marie au pied de la croix, à l'écoute de la Parole de vie, dans l'obéissance de la foi, et dans la liberté des enfants de Dieu. C'est ce que les frères vont vivre, manifestant ainsi ce pouvoir qui demeure et rend libre quelles que soient les situations: « choisir ce qui nous est imposé » (frère Christian).

    histoire tibhirine atlas

    L’enlèvement

    Au cours de la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines furent enlevés par un groupe armé. Leur enlèvement fut revendiqué par la faction radicale du G.I.A. (Groupe Islamique Armé) dans un communiqué en date du 18 avril 1996 et publié le 27 avril. Dans un second communiqué, en date du 23 mai, le G.I.A. annonçait qu’ils avaient été exécutés le 21 mai. Le 30 mai, leurs têtes étaient découvertes à côté de Médéa.

    La messe des funérailles fut célébrée à Alger le samedi 2 juin et ils furent enterrés au cimetière de leur monastère à Tibhirine, le lundi 4 juin 1996.

    Enquête judiciaire sur l'enlèvement et la mort des moines

    En  2003 une plainte contre X a été déposée en France par des membres de la famille de Frère Christophe et par Dom Armand Veilleux (procureur de l’Ordre cistercien de stricte observance au moment des évènements) ; cette plainte est en cours d’instruction par le juge Marc TREVIDIC, assisté de la juge Nathalie Poux.

    Le point de vue de Dom Armand Veilleux ( mars 2011) : en savoir plus

    De nombreuses auditions de témoins côté français ont été menées. Suite à la demande par une commission rogatoire internationale du Juge Trévidic en décembre 2011 de pouvoir auditionner des témoins côté algérien et de pratiquer les nécessaires autopsies, la justice algérienne a nommé un juge d'instruction mi-2013. Après une première rencontre à Alger en novembre 2013, le Juge Trévidic est invité à pouvoir se rendre à Tibhirine pour pratiquer les autopsies, sous l'autorité du juge d'instruction algérien, et à pouvoir effectuer les prélèvements nécessaires pour les besoins de son instruction côté français. Repoussées deux fois, ces autopsies ont eu lieu du 14 au 16 octobre 2014.

    Le Juge Trévidic était accompagné de quatre experts français (un généticien, un médecin-légiste, une anthropologue et un radiologue). Simples observateurs lors de l’autopsie, ces experts français ont néanmoins contribué à l’exhumation et à l’analyse des dépouilles des 7 moines enterrés dans le petit cimetière monastique de Tibhirine. Malgré le refus inattendu des autorités algériennes pour que le Juge Trévidic reparte avec les prélèvements effectués à son intention, ces experts ont produit des conclusions à partir de ce qu’ils ont vu, photographié sur place et radiographié. Une restitution aux familles de moines a pu se faire le 2 juillet 2015.

    Il en ressort que les moines ont sans doute été égorgés, que leur mort serait antérieure à la date du 21 mai (date du Communiqué du GIA annonçant leur décès), enfin que leur décapitation serait post-mortem. De plus, aucun élément observé sur les crânes ne laisse penser à un passage de projectile. Faute d’analyses contradictoires des prélèvements effectués, le Juge Trévidic a réitéré, par une Commission Rogatoire Internationale, auprès des autorités judiciaires algériennes, son souhait de pouvoir les réaliser au plus vite. Il a pu exprimer également son souci, partagé par les experts, que les prélèvements soient bien conservés en Algérie. Enfin, il n’a pu être procédé aux analyses ADN.

    Le Juge et les experts ont confirmé que ces exhumations se sont déroulées dans le respect des dépouilles des moines. Les ré-inhumations ont été accompagnées d’une cérémonie religieuse et par la lecture du Testament du Père Christian.

    La semaine suivant le déplacement du Juge Trévidic en Algérie, le juge algérien est venu en France auditionner Messieurs Le Doaré (ex-DGSE) et Marchiani. Malgré ses demandes, le Juge Trévidic n’a pu, à ce jour, procéder à l’audition d’une vingtaine de témoins en Algérie.

    En 2016, après la mutation du Juge Trévidic, c'est la Juge d'Instruction Nathalie Poux qui a repris le dossier. Elle a pu le 8 juin 2016 aller en Algérie avec trois experts afin de rapatrier les doubles des prélévements conservés en Algérie jusqu'à présent. Ces éléments ont fait l'objet d'analyses par les experts français. Le rapport final d'expertise (mars 2018) donne, pour l'essentiel, les éléments suivants:  Les analyses ADN confirment qu'il s'agit des têtes des 7 Frères, des traces d'égorgement ont bien été relevées, la décapitation a eu lieu aprés la mort sans qu'il soit possible de déterminer le nombre de jours, la date de la mort est antérieure au 21 mai 1996 de plusieurs jours voire semaines.


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  • Reconnaissance de la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin : un crachat sur la mémoire nationale

    Sur la grande toile nauséabonde de la repentance, Macron qui, en février 2017, à Alger, qualifiait la colonisation française de « crime contre l'humanité » vient d’ajouter un crachat supplémentaire à la mémoire nationale en affirmant la responsabilité de l’État dans la mort de Maurice Audin.

    Traître communiste et complice des terroristes du FLN, ce mathématicien avait été arrêté et interrogé par les parachutistes de la 10e DP du général Massu dans le cadre de la mission qui leur avait été confiée par le gouvernement socialiste de Guy Mollet, en vertu des pouvoirs spéciaux que lui avait accordés l’assemblée nationale en mars 1956. La bataille d'Alger fut la bataille d'une France qui ne courbait pas encore totalement le dos. En quelques semaines, la 10e DP, par son action exemplaire, mit fin aux attentats arabes qui dévastaient Alger et frappaient la population.

    Audin soutenait ces attentats puisqu’il en aidait les auteurs qu'il lui arriva même de cacher. Audin était un traître. Un renégat. Un terroriste par personnes interposées. Son sort fut celui réservé aux traîtres, aux renégats et aux terroristes

    En lui rendant un hommage détourné, en demandant « pardon » à sa veuve, Macron vient de donner un écœurant satisfecit à la trahison d'hier et d'ouvrir les portes à celles de demain.

    • Pour les communistes, cette « reconnaissance » est celle de leur action scélérate tout au long des guerres d’Indochine et d’Algérie, eux qui n'eurent pendant soixante ans d'autre patrie que la terre soviétique.
    • Pour les gauchistes d’aujourd’hui, elle est un signe et un encouragement.
    • Pour l’Algérie, elle est un pas de plus vers l’agenouillement total de la France.
    • Pour les familles de Français nés en Algérie, elle est une offense et une souffrance par la réouverture de plaies encore fraîches.
    • Pour les harkis et leurs fils que l’État feignait d’honorer le mois dernier, il s'agit d'un abandon de plus.
    • Pour l’armée Française, il s'agit d'un désaveu cinglant et d'un camouflet, infligés par celui qui s'en prétend le chef.
    • Pour les membres des forces de l'ordre, civiles et militaires, sur les épaules desquels reposent la sécurité de la France et des Français, à l’intérieur comme, en opérations, à l’extérieur de nos frontières, il s'agit d'un coup de couteau dans le dos et d'un acte de démoralisation.
    • Pour les islamistes, elle s’apparente à un coup de pouce donné aux réseaux de soutien au terrorisme d'aujourd'hui comme ceux de Curiel ou Audin hier.

    Le Parti de la France rend hommage à tous ceux qui ont construit l’Algérie française et à ceux qui l'ont défendue, souvent jusqu’à la mort, face aux massacreurs du FLN et à leurs complices communistes, puis, quand vint le temps de la trahison et de la félonie, en résistant à un abandon dont ils savaient qu'il serait suivi de bien d’autres.

    Macron, dès son élection, avait tenu à placer son mandat sous le signe de De Gaulle. On en mesure les raisons aujourd'hui.

    Jean-François Touzé - Délégué national du Parti de la France aux études et argumentaire


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  • Marseille : un réfugié ivoirien viole sauvagement trois jeunes Françaises

    Un réfugié ivoirien viole sauvagement trois jeunes Françaises

    [MINDWAR] MARSEILLE 20/09/2018 – Les policiers de la brigade des mœurs de la sûreté départementale (SD) des Bouches-du-Rhône viennent d’interpeller un adolescent, suspecté d’une série de faits particulièrement graves. Âgé de 16 ans, ce mineur isolé de nationalité ivoirienne a été arrêté, le 11 septembre dernier, à la sortie de son lycée à Marseille. Logé en foyer depuis son arrivée en France il y a quatre ans, il est suspecté d’avoir violé trois femmes sur la voie publique depuis le mois d’avril dernier dans la cité phocéenne. Les enquêteurs de la SD sont parvenus à l’identifier grâce à son empreinte génétique.

    Placé en garde à vue, le suspect a fait valoir son droit au silence. Déféré devant un magistrat, le 13 septembre, il a été mis en examen avant d’être placé en détention provisoire. «  L’interpellation de cet auteur présumé de trois viols était devenue une priorité au regard de la multiplication de ses passages à l’acte, confie une source proche de l’affaire. On sentait qu’il était en train de monter en puissance.  »

    Le premier fait remonte au 24 avril, vers 4 heures du matin dans le 2e arrondissement de Marseille. Une femme de 58 ans est sur le chemin de son travail quand elle est surprise par un inconnu, muni d’un couteau. Ce dernier, qui prend le soin de ne pas montrer son visage, menace la victime puis la viole. Informé de cette agression, le parquet de Marseille saisit les policiers de la sûreté départementale. «  Du matériel génétique a pu être prélevé et envoyé au fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), poursuit la même source. Mais l’ADN du suspect n’y était pas enregistré.  »

    Le 19 mai dans le 1er arrondissement et le 2 août dans le 13e arrondissement à Marseille, deux autres viols sont commis sur des femmes, dont la plus jeune est âgée de 20 ans, selon un mode opératoire similaire à la première agression. «  Ces deux autres viols ont été commis également de nuit par un homme de petite taille, armé d’un couteau et qui les agressait toujours par-derrière, révèle un proche de l’affaire. Il découpait les vêtements de ses victimes avec son couteau avant de les violer. Tous les services de police de la ville ont été sensibilisés sur la présence de ce violeur en série à Marseille.  »

    Le 10 septembre dernier, les enquêteurs de la SD sont informés que l’ADN prélevé sur les différentes scènes de crime correspond au profil d’un adolescent dont le profil génétique a été enregistré, au début de l’été, dans le Fnaeg. Placé en garde à vue, au mois de juin, dans le cadre d’une affaire de vol par escalade, ce mineur de 16 ans avait fait l’objet d’un prélèvement génétique. Il avait ensuite été remis en liberté, faute d’élément à charge dans cette affaire de vol. «  Un important travail d’enquête de terrain a été mené pour remonter au plus vite sa piste, ajoute la même source. Ce garçon n’a aucune attache familiale en France. Mais il ne s’était jamais signalé à la police jusqu’à présent. Les trois victimes demeurent très choquées.  »

    Source : Le Point


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  • Les Zouaves - des origines à 1940...

    LES  ZOUAVES

    des origines à 1940...

    «On ne peut qu’être impressionné par les souvenirs de bravoure laissés par les zouaves au cours de toutes les guerres, depuis la conquête de l’Algérie jusqu’à la dissolution de toutes les unités (...) Mais tout d’abord qu’est-ce qu’un ZOUAVE ?

    Une définition venant de loin, du plus profond de la conviction du peuple de France affirme que c’est un homme intrépide, qui ne craint rien...»

    (Général Guedin, 9e Zouaves)

    Hommes hors du commun à forte proportion d’engagés volontaires et de rengagés, dotés d’un intense esprit de corps, ce qui explique la ténacité, la force et la cohésion au sein des divers régiments.

    Cette aventure commence le 14 juin 1830, lorsque la France débarque à Sidi-Ferruch...

    - 1830 :

    C’est l’ordonnance royale du 9 mars 1831 qui régularise la création du Corps des Zouaves, sous Louis-Philippe…

    A l’origine, cette troupe est issue de la tribu kabyle des Zwawa, ou Zouaoua, (on francisera le nom en «zouave»), peuplade qui offrit ses services à la France lors des débuts de la conquête de l’Algérie aux côtés du Lieutenant-Général de Bourmont. C’est le Lieutenant-Général Clauzel qui ordonna la levée d’un «Bataillon de Zouaves» recruté parmi les indigènes, dès octobre 1830.

    Le 21 décembre de la même année est créé un second bataillon. Il est créé aussi deux escadrons de Zouaves à cheval qui prennent vite l’appellation de «Chasseurs indigènes» puis «Chasseurs d’Afrique» (17 novembre 1831). Le Chasseur d’Afrique est à la cavalerie ce que le zouave est à l’infanterie.

    - 1833 :

    Après l’euphorie des débuts, deux erreurs majeures empêchent le développement normal du «Corps des Zouaves». En effet, les capacités de recrutement en indigènes de la région d’Alger ont été largement surestimées, et plus grave encore, aucun des cadres français n’a pensé à l’adaptation à l’activité militaire d'indigènes ayant d’autres habitudes de vie et une autre religion.

    Ceci provoque l’ordonnance du 7 mars qui dissout les deux bataillons pour en créer un seul, mais mixte. Ainsi on peut recruter aussi parmi les Français qui vivent à Alger, qui porteront eux aussi la tenue orientale. Les résultats ne se font pas attendre et dès 1835 un deuxième bataillon mixte est levé, puis un troisième en 1837.

    - 1841 :

    Paradoxalement, l’accroissement de volontaires français empêche le recrutement normal des autochtones, ceux-ci en effet préférant se retrouver entre eux dans des unités homogènes. Ainsi l’ordonnance du 8 septembre, qui réorganise la composition de l’infanterie en général, indique la formation d’un régiment de Zouaves formé de trois bataillons. Mais la nouvelle particularité essentielle et fondamentale dans la politique de recrutement, est que les troupes indigènes ne font plus partie de ce Corps. Les Zouaves sont dorénavant exclusivement d’origine française. Les autochtones forment alors les Tirailleurs (7 décembre 1841).

    - 1852 :

    Le 13 février, Louis-Napoléon signe un décret portant à trois le nombre de régiments de Zouaves, chacun des trois bataillons existants formant le noyau des nouveaux régiments ainsi créés. Et pour les distinguer entre eux, une couleur est appliquée au tombeau de la veste :

    - le 1er cantonne à Blidah en Algérois, tombeau (tombô) garance (région militaire d'Alger)

    - le 2e à Oran (caserne du Château Neuf) en Oranais, tombeau blanc (région militaire d'Oran)

    - le 3e à Philippeville (caserne de France) en Constantinois, tombeau jonquille (région militaire de Constantine)

    - 1854 à 1856 :

    Les régiments sont appelés dans de nombreuses opérations en Kabylie. Puis en avril 1854, les Zouaves partent en Crimée contre les Russes, où ils se font remarquer notamment au siège de Sébastopol (batailles d’Alma et de Malakoff), ce qui incite l’Empereur Napoléon III à créer un régiment de Zouaves pour sa Garde impériale en récompense.

    Drapeau 2e Zouaves - Solférino - Collectif France 40
    Carte Postale : le Drapeau du 2e Zouaves - Collection de l'auteur

    - 1859 :

    Entre plusieurs escarmouches contre des tribus sans cesse en révolte en Kabylie, la campagne d’Italie contre les Autrichiens est engagée. Et c’est aux batailles de Magenta et de Solférino que brillent nos zouaves. Le Drapeau du 2e Zouaves se pare ainsi de la Légion d’Honneur le 20 juin.

    - 1861 à 1864 :

    C’est pour la France la mésaventure au Mexique, où le 2e puis le 3e Zouaves se distinguent. Pour couvrir les immenses étendues mexicaines, l’idée des zouaves montés resurgit, ainsi est recréer, de façon éphémère, des escadrons de Zouaves à cheval. Le 9 novembre 1863 le Drapeau du 3e Zouaves est décoré de la Légion d’Honneur.

    En même temps des opérations au Maroc commencent.

    - 1866 :

    En marge de l’histoire officielle de l’armée française, le 11 avril une circulaire du Maréchal Randon autorise la création de la “Légion d’Antibes” qui donne naissance à un bataillon de Zouaves pontificaux, pour la plupart des Français (au service des Etats du Saint-Siège en Italie), cette création était déjà l’idée de Juchault de La Moricière (figure légendaire, ancien officier charismatique au 2e Zouaves, il devient ministre de la guerre en juin 1848, puis il choisit l’exil sous le second Empire), qui ainsi dirige un corps d’élite qui ajoute aux traditions d’héroïsme des zouaves d’Afrique l’idée chrétienne de l’abnégation et du sacrifice.

    Il est à noter aussi qu’aux Amériques, pendant la guerre de sécession entre Confédération et Union, le prestige de l’armée française est tel que dans les camps du Nord et du Sud sont constitués des régiments de Zouaves, dans lesquels s'enrôlent de nombreux volontaires souvent d’origine française.

    - 1870 :

    Juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse et malgré les infortunes des combats, les régiments de Zouaves se couvrent de gloire, surtout à Froeschwiller et à Woerth où les trois régiments sont fort éprouvés dans des charges désespérées à la baïonnette de leurs fusils Chassepot.

    Le régiment des Zouaves de la Garde impériale s’engage dans les combats de Rezonville, mais après le drame de Sedan et au lendemain de la proclamation de la République, il sera dissout.

    C’est alors au sein de l’armée de la Défense nationale que le 28 octobre 1870 est levé le 4e régiment de Zouaves qui participe aux batailles de Châtillon, Villiers sur Marne, Champigny ou encore Héricourt dans l’Est. Mais ce sera la terrible défaite pour la France qui ébranlera l’armée française et ses zouaves.

    - 1881 :

    La Tunisie passe sous Protectorat français, Tunis (caserne Saussier et La Manouba) et Bizerte (caserne Japy) deviennent les villes de garnison du 4e Zouaves. La couleur du tombeau de sa veste est le bleu foncé, couleur du fond.

    - 1883 - 1900 :

    Les événements à Hanoï au Tonkin contraignent la France à envoyer nos troupes en Indochine et les zouaves prennent tout naturellement part à cette campagne. Il sera créé aussi un «régiment de marche de zouaves» pour l’expédition de Chine en 1900, dissout après cette même expédition.

    Les zouzous - Zouaves - 1914-1918 - Collectif France 40 - 1940
    Carte Postale : Les zouzous - Collection de l'auteur / Don de Luc Degonville - AAACM

    - 1901 :

    Suite à la loi du 9 février 1899, chaque régiment de Zouaves détache un bataillon en métropole. Le 5e bataillon des 1er et 4e vient autour de Paris (Forts de Rosny, Choisy et Nogent), et pour les 2e et 3e régiments, ces bataillons cantonnent près de Lyon (camps de Sathonay et La Valbonne), ce qui rend familier et populaire la tenue des zouaves parmi la population.

    Zouave 1905 - Anna Palm de Rosa - France40
    Carte postale Anna Palm de Rosa - Coll. de l'auteur

    - 1907 - 1912 :

    Nombreuses opérations au Maroc, qui aboutiront par la Convention de Fès en 1912 et au Protectorat français de cette région. Les zouaves détachent au total huit bataillons au Maroc, par le biais des « régiments de marche ».

    - 1913 :

    Le service militaire de trois ans (loi du 7 août 1913) permet la création de nouveaux bataillons, ce qui entraîne la naissance du 5e et du 6e régiments de Zouaves le 15 avril 1914. Toutefois, nous n’en retrouvons pas trace par la suite, s’agit-il d’une simple création administrative ? (Toute information nous intéresse à ce sujet : france1940(à)yahoo.fr ).

    8e Zouaves - Tenue à l'orientale - France 40
    Zouave du 8e régiment en tenue de Tradition dite "à l'orientale", vers 1938 à Mourmelon.
    Photo : Philippe Charbonnier - Militaria Magazine

    - 1914 - 1918 :

    Suivant le plan de mobilisation, les zouaves prennent part à la Grande Guerre par «régiments de marche de Zouaves» (R.M.Z.), ce qui permet de laisser en Afrique du Nord une unité de dépôt correspondante. Quelques régiments se composent de bataillons de Zouaves et de Tirailleurs, ils forment alors les «régiments mixtes» (R.M.Z.T.).

    Août 1914, arrivent au front des bataillons sortis des quatre régiments d’active. (les bataillons du 2e régiment de marche servent au Levant)

    En décembre 1914 et en janvier 1915, se forment de nouveaux régiments de Zouaves :

    Trois formés en Algérie :

    - le 7e (issu de bataillons des 1er et 4e Zouaves), qui deviendra mixte, puis finalement RMTA (régiment de marche de tirailleurs algériens)

    - le 2 bis (issu de bataillons de réserves du 2e Zouaves)

    - le 3 bis (issu de bataillons de réserves du 3e Zouaves)

    Deux formés au Maroc :

    - le 8e (issu des bataillons suivants : I/1er, III/2e, II/3e et IV/3e Zouaves)

    - le 9e (issu des bataillons suivants : II/1er, III/1er et I/4e Zouaves)

    Après les premières batailles, l’Etat-major consent à réformer la tenue du zouave jugée trop voyante et inadaptée pour le théâtre des opérations en métropole (de même que celle du tirailleur) en adoptant en 1915 la tenue de drap kaki (dite : «moutarde») si caractéristique de l’armée d’Afrique et des troupes coloniales d’alors. Seules la chéchia et la ceinture de laine bleue permettent de discerner les zouaves des autres combattants, et de très près les pattes de collet de fond kaki à soutaches et numéros garance.

    Il serait trop long de rappeler les glorieux faits d’armes des régiments, mais citons simplement que :

    - quatre des régiments de zouaves se parent de la fourragère rouge de la Légion d’Honneur : les 4e (le 05/05/1918), 8e (03/09/1918) et 9e Zouaves (25/12/1918) : avec sept citations, le 3e (09/02/1919) : six citations. Notons aussi le 4e RMZT (régiment mixte de zouaves et tirailleurs)(04/10/1918).

    - les 1er (le 28/09/1918) et 2e régiments (15/10/1918) obtiennent la fourragère verte et jaune de la Médaille militaire, cinq citations chacun, ainsi que le 3ebis (10/12/1918) avec quatre citations. Citons aussi le 1er RMZT (28/09/1918).

    - et enfin le 2ebis (10/12/1916) qui obtient également la fourragère de la Croix de guerre 1914-1918, verte et rouge avec une citation

    Le 5 juillet 1919 les Drapeaux des 8e et 9e Zouaves sont décorés de la Légion d’Honneur et le 3e Régiment de la Médaille Militaire.

    Au vu des citations accordées, il est aisé de remarquer que les régiments de Zouaves, mais aussi et en général toutes les troupes d’Afrique, étaient souvent employés lors d’assauts désespérés et meurtriers, les hommes réduits en «chair à canon» et les régiments maintes fois anéantis, remaniés et reformés.

    Ainsi les Zouaves donnèrent plus qu’on avait estimé qu’ils pourraient fournir…

    - 1919 - 1920 :

    Démobilisation et liquidation des régiments de marche issus de la Grande Guerre. On ne conserve que six régiments (Les quatre «vieux», ainsi que les 8e et 9e ).

    -1920-1927 :

    Le 2e Zouaves fait campagne au Maroc. Mais les autres régiments sont représentés par un ou plusieurs bataillons lors de la guerre du Rif en 1925 et 1926.

    Zouave 1935
    Gravure Maurice Toussaint - Coll. de l'auteur

    - 1927 :

    Le 13 juillet, une loi reconditionne la structure militaire en spécifiant que cette organisation doit en outre pourvoir, en tout temps, à la défense des colonies et pays de protectorat, et de s’adapter aux exigences nouvelles. C’est ainsi qu’une distinction rigoureuse est établie entre celles de nos forces permanentes qui ne doivent pas quitter le territoire métropolitain et celles auxquelles échoit normalement la protection de nos colonies.

    Les Zouaves font donc normalement partie de ces forces appelées troupes d’Afrique, et couvrent nos départements d’Afrique du Nord (Algérois, Constantinois et Oranais), ainsi que la Tunisie et le Maroc, alors en statut de protectorat.

    Chaque régiment ayant normalement 1.580 hommes, se disposent ainsi :

    - Trois régiments de zouaves en Algérie :

    - Le 8e à Oran, (dissous en 1928, il prendra le numéro “2” après la reformation du 8e, motorisé, à Mourmelon en 1934)

    - Le 9e à Alger, Fort-National et Aumale

    - Le 3e à Constantine, Philippeville et Batna

    - Un régiment en Tunisie :

    - Le 4e à Tunis et Le Kef

    - Deux régiments au Maroc :

    - Le 1er à Casablanca et Ouezzane

    - Le 2e à Oujda et Aknoul (en limite du Maroc espagnol)

    9e Zouaves - 1940 - France 40
    Zouave du 9e régiment, campagne de France 1939-1940
    Photo : Philippe Charbonnier - Militaria Magazine

    - 1939 - 1940 :

    A la mobilisation de septembre 1939, les régiments sont renforcés par l’arrivée des réservistes qui les porte à l’effectif de guerre. Ainsi ils passent de 1.850 hommes à entre 2.400 (effectif normal d’un régiment de tirailleurs, pour mémoire) et 3.000. Observons de plus près, par exemple, le cas du 4e Zouaves : celui-ci passe à 81 officiers, 342 sous-officiers et 2.667 zouaves, dès octobre 1939.

    L’armée française engage quinze régiments de zouaves en 1939 :

    Six régiments actifs, dont les garnisons d’origine sont :

    Insigne 1er Zouaves - France40

    1er Zouaves : Casablanca (caserne Heudes), Ouezzane et Albi (LCL Fromentin)

    Insigne 2e Zouaves - France40

    2Zouaves : Oran (caserne de Château Neuf), Nemours et Castelnaudary 

    Insigne 3e Zouaves - France40

    3Zouaves : Constantine (caserne de la Casbah), Sétif (caserne des Zouaves) et Philippeville (caserne de France) (Col Chartier)

    Insigne 4e Zouaves - France40

    4Zouaves : Tunis (caserne Saussier et de la Casbah), La Goulette et Le Kef (camps des oliviers) (Col Ablard)

    8e Zouaves - Collectif France 40

    8Zouaves : Mourmelon (LCL Anzemberger)

    Insigne 9e Zouaves - France40

    9Zouaves : Alger (caserne d’Orléans), Aumale et Fort National (caserne Rullières) (LCL Tasse)

    Cinq régiments formés en métropole :

    Insigne 11e Zouaves - France40

    11Zouaves : Belley (LCL Bousquet)

    Insigne 12e Zouaves - France40

    12Zouaves : Avignon (Col Tissané)

    Insigne 13e Zouaves - France40

    13Zouaves : Castelnaudary (LCL Pothuau)

    Insigne 14e Zouaves - France40

    14Zouaves : Lyon (LCL Bousquet)

    15Zouaves : Issoudun

    Seuls quatre de ces régiments formés en France sont affectés à des divisions, le 15eZouaves reste à l’état de centre mobilisateur.

    Quatre régiments sont créés en Afrique du Nord, et y sont restés comme régiments de dépôt et de protection :

    21Zouaves : Meknès

    22Zouaves : Oran et Tlemcen

    23Zouaves : Constantine, Sétif et Philippeville

    29Zouaves : Alger

    9e Zouaves - Tenue de toile - France 40
    Alger, Caporal-Chef du 9e régiment de Zouaves en tenue de toile, été 1940
    Photo : Philippe Charbonnier - Militaria Magazine

    L’armée française lève donc quinze régiments de Zouaves lors de la mobilisation de septembre 1939…

    Pendant la campagne de France de 1940, les régiments de Zouaves sont jetés dans la bataille sans réels moyens et sont sacrifiés, comme leurs aînés de la Grande Guerre, sans le moindre profit stratégique. Ils sont bousculés, brisés, pris sous le feu de l’aviation et de l’artillerie adverse et sont pour la plupart capturés…

    Ces régiments ne s’en conduisent pas moins honorablement et pourtant… Évoquons par exemple la résistance héroïque du 9e Zouaves sur le canal de l’Ailette, la ténacité du 1erZouaves à la montagne de Reims, le panache du 4e Zouaves à La Roche-Posay ou encore le sacrifice du 8e Zouaves à Dunkerque lors de l’opération « Dynamo »…

    JFCatteau – F40 - 2001

    Zouave 1940
    Carte postale Paul Barbier - Coll. de l'auteur 

     

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