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  • Le désastre de l’agriculture algérienne ...Posté par :Pieds Noirs 9A..

    Depuis le départ de 1962 du déchiffreur Français ...

    Dans Archives   journal EL Watan du 25 mai 2008 

    Le désastre de l’agriculture algérienne ...

    En 2000, le lancement du Plan national de développement agricole (PNDA) réussit à susciter l’engouement chez les différents acteurs du secteur agricole. Bien que le PNDAR ait réussi à améliorer les rendements de nombreuses filières, les « crises » successives de la pomme de terre, du lait et des céréales ont démontré que la maîtrise de la production fait encore défaut.

    La crise alimentaire qui secoue le monde a mis à nu les faiblesses de l’agriculture algérienne. On est bien loin du passé d’une Algérie, grenier de l’Europe, que des nostalgiques se plaisent souvent à évoquer. Le montant de la facture alimentaire est là pour rappeler la réalité. Notre pays est toujours dangereusement dépendant des marchés internationaux. L’Algérie se classe parmi les dix premiers pays les plus grands importateurs de céréales. Il en est de même pour d’autres produits agricoles tels que le lait en poudre, les huiles, le sucre et le café. Cette situation aurait été moins intenable si l’Algérie arrivait à exporter ce que ses terres produiraient afin d’équilibrer sa balance commerciale agricole. Mais seulement une quantité marginale de dattes, de vin et de quelques produits maraîchers a pu se frayer une petite place dans les marchés étrangers. Si l’on croit Mohamed Elyes Mesli, ancien ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali, cette situation n’est pas nouvelle. « Une rétrospective rapide montre que l’agriculture n’était pas si florissante avant 1962. Au milieu des années 1950, la balance commerciale agricole connaissait un fléchissement net. Le pays allait vers un déficit », souligne-t-il, battant en brèche l’idée selon laquelle l’agriculture connaissait un certain essor durant la période coloniale. Les difficultés ont commencé bien avant l’indépendance de l’Algérie. « Le pouvoir colonial, interpellé, a pour cela initié une opération de réforme agraire. Les experts prédisaient en effet que la production locale n’allait plus couvrir les besoins nationaux et qu’on allait vers des importations importantes de céréales et de légumes secs. Voilà une réalité qu’il ne faut pas perdre de vue », insiste-t-il. Les initiateurs de ces réformes n’ont pas réussi pour autant à trouver la panacée pour développer durablement l’agriculture. Depuis 1962, les politiques agricoles autant que les gouvernements se suivent mais ne se ressemblent pas : nationalisation des terres, domaines autogérés, puis vint la révolution agraire qui, loin de révolutionner l’agriculture, n’a fait que l’enliser davantage dans le marasme. En 2000, le lancement du plan national de développement agricole (PNDA), devenu plus tard PNDAR après qu’on eut décidé de lui ajouter la dimension rurale, réussit à susciter l’engouement chez les différents acteurs du secteur agricole. Le gouvernement reconnaissait à l’époque l’échec des politiques précédentes en soutenant que la nouvelle politique apportera une véritable rupture par rapport aux actions menées jusque-là. Cette initiative lancée en grande pompe devait introduire la notion de rationalité dans un domaine où l’aléatoire régnait en maître mot, l’agriculture étant un secteur qui dépend grandement des aléas climatiques.

    Et le PNDA fut…

    Le défi était de mettre fin à la gabegie dans la gestion, mais surtout des richesses naturelles que sont la terre et l’eau, les deux piliers de l’activité agricole. L’enjeu de cette politique était de mettre fin à des décennies « d’agriculture minière », explique Omar Aït Ameur, directeur des études au ministère de l’Agriculture. « Notre programme vise à protéger les ressources qui nous permettent d’assurer la sécurité alimentaire. Il faut prendre en charge les préoccupations des générations futures en protégeant les ressources naturelles de manière à ce qu’elles ne soient pas dégradées pour arriver à un développement durable », fait-il valoir. Avant de mettre en œuvre le PNDAR, un diagnostic de l’agriculture algérienne, depuis 1962 à 1999, a été fait, souligne-t-il, pour identifier les « contraintes » qui empêchent le développement de l’agriculture. Le désinvestissement dans ce secteur était essentiellement dû à un problème de financement, note M. Aït Ameur. Les agriculteurs étaient obligés d’avoir recours à des « nantis » qui les ont asservis, relève-t-il. L’Etat décide alors de mettre en place le crédit lié, une sorte de montage financier dans lequel sont mises à contribution les banques en sus de subventions accordées par l’Etat, rappelle M. Aït Ameur. Grâce à ce dispositif, « le PNDA a réellement réussi à couvrir l’ensemble des produits maraîchers », soutient ce responsable du ministère de l’Agriculture. Selon lui, on est passé d’une moyenne de 33 millions de quintaux de produits maraîchers à plus de 40 millions de quintaux par an. « Rien que pour la pomme de terre, on est passé de 10 millions de quintaux à 20 millions de quintaux. On n’a pas eu d’importations pendant 5 ans, à l’exception de l’année dernière », assure-t-il. La production céréalière qui était en moyenne entre 17 à 20 millions quintaux/an atteint les 35 millions de quintaux/an, ajoute-t-il. Au boulevard Amirouche (Alger), où est situé le ministère de l’Agriculture, on réfute la thèse selon laquelle ce secteur a bénéficié de gros moyens financiers. L’agriculture, assure-t-on, n’est pas la montagne qui accouche d’une souris. « On a rabâché que l’agriculture était budgétivore. C’est totalement faux. De 2000 à 2006, il y a moins de 400 milliards de dinars consommés par l’agriculture, y compris pour le fonctionnement. Pour l’investissement, c’est encore plus dérisoire. Nous avons tout de même pu obtenir une production d’une valeur de 9 milliards de dollars. Si on n’avait pas investi autant, la facture alimentaire aurait été beaucoup plus importante. Ça aurait été 15 milliards de dollars avec une qualité moindre. L’agriculture produit 10% du PIB alors qu’elle bénéficie de 3% du budget national », soutient Hocine Abdelghafour, directeur des études au ministère de l’Agriculture. Depuis 2000, année du lancement du PNDAR, le département de Saïd Barkat communiquait des bilans des plus satisfaisants avant que n’éclate le problème de la pomme de terre qui allait ouvrir le bal à une série de « crises ».

    ... Le tubercule qui fit scandale

    Sur les marchés de détail, les ménagères s’arrêtent devant les étals de fruits et légumes puis repartent le couffin toujours vide. Le prix de la pomme de terre a atteint des sommets au point de devenir une affaire nationale. Les différents intervenants dans le circuit de commercialisation se rejettent la balle. On a accusé les spéculateurs, mais pour de nombreux spécialistes, l’insuffisance de la production agricole est à l’origine des tensions sur de nombreux produits. Certes, le PNDAR a réussi à améliorer les rendements de nombreuses filières, mais les « crises » successives de la pomme de terre, du lait et des céréales ont démontré que la maîtrise de la production fait encore défaut. Il en est ainsi de la pomme de terre où on est passé d’une production excédentaire à une pénurie qui a contraint les pouvoirs publics à autoriser son importation. Pour M. Mesli, les agriculteurs ne sont pas à blâmer. Ils sont autant victimes que les consommateurs. « Qui se préoccupe aujourd’hui réellement des prix des produits agricoles ? », s’interroge-t-il. D’après lui, les prix payés aux producteurs céréaliers algériens n’ont pas changé depuis 1995. M. Aït Ameur impute, lui, la hausse des prix des produits agricoles à la spéculation d’une part, et à l’augmentation des coûts de revient, d’autre part. « Les coûts de production ont également évolué. Il y a eu surenchérissement des intrants. Les engrais ont triplé. Les coûts des produits phytosanitaires et de traction aussi. Le prix de revient au niveau de l’exploitation de la pomme de terre est de 30 à 35 DA. Si l’agriculteur la vend moins cher que cela, il sera perdant », fera-t-il remarquer. La question des prix s’avère cependant n’être que l’arbre qui cache la forêt. Le monde agricole est toujours confronté à d’inextricables problèmes. La formule du crédit lié (subventions de l’Etat et les prêts bancaires) ne fait pas long feu. Les banques, y compris la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), ne jouent pas le jeu. « Le financement qui implique la participation des institutions financières reste une contrainte majeure. Les banques doivent adapter leurs approches aux métiers de l’agriculture qui est une activité aléatoire. Nous sommes arrivés à améliorer un peu les choses en liant le crédit au soutien de l’Etat, mais cela reste insuffisant », reconnaît M. Aït Ameur. Le gouvernement a pensé à introduire une réforme de sorte à permettre à des détenteurs de capitaux d’être associés dans les exploitations agricoles afin de remédier au désinvestissement et améliorer la productivité, mais cette mesure suscite le scepticisme des professionnels du secteur. « C’est une décision qui peut s’avérer illusoire. Aujourd’hui, la valeur de la terre n’étant pas connue, faute de marché transparent, comment distinguer l’apport de chacun ? On ne peut être véritablement associé que si on connaît la part du détenteur du capital et du concessionnaire. Le fellah étant remplacé par des détenteurs de capitaux qui ne peuvent avoir que des objectifs mercantilistes », commente M. Mesli. Le développement agricole passe par un changement en profondeur dans les mentalités, affirme M. Mesli. « Il faut que la société ait une bonne perception du monde rural et que nous comprenions que l’agriculture n’est pas faite uniquement pour les laissés-pour-compte et les illettrés. Car la pauvreté est le propre du milieu rural », indique-t-il. « Il y a lieu urgemment de commencer à rajeunir les agriculteurs et à leur assurer une formation adéquate. La solution du manque de productivité passe aussi par là », conclut-il.

    N. B.

     


    LA QUESTION DU FONCIER AU CŒUR DE LA POLITIQUE AGRICOLE

    La terre seule face à la désertification, l’urbanisation et la gabegie

    La surface agricole utile (SAU), qui était de l’ordre de 0,20 ha par habitant en 2000, n’en représentera que 0,19 ha en 2010 et 0,17 ha en 2020. Avec une superficie de 238 millions d’hectares, l’Algérie fait partie des pays les plus vastes du globe.

    Sa surface agricole utile (SAU) atteint à peine les 8,6 millions d’hectares. Elle se réduit comme une peau de chagrin écrasée par le béton au Nord et pernicieusement tapissée du sable de la désertification au Sud. « Le barrage vert est à 100 km d’Alger et bientôt il sera aux portes de la capitale », avertit Hocine Abdelghafour, directeur des études au ministère de l’Agriculture. Mais la désertification est un caprice de Dame Nature difficile à arrêter, il n’en est pas de même pour l’urbanisation qui a déjà englouti, selon des chiffres officiels, plus de 160 000 ha depuis 1962. Mais de l’avis de nombreux spécialistes, ce chiffre est en réalité supérieur de plusieurs centaines de milliers d’hectares. L’utilité publique, raison invoquée par les pouvoirs publics pour sacrifier des terres arables, a souvent prévalu sur la vocation agricole. « La SAU est déjà limitée et elle est consommée pour les routes, les usines, l’habitat, alors que la population est en train de croître. L’Algérie est très vaste, mais il n’y a que 8 millions d’hectares qui sont consacrés à l’agriculture et seule une petite partie a un grand potentiel », note ce cadre supérieur du ministère de l’Agriculture. Le Conseil national économique et social (CNES) avait déjà tiré la sonnette d’alarme dans un de ses rapports en 2005. Selon les statistiques du CNES, la SAU qui était de l’ordre de 0,20 ha par habitant en 2000 n’en représentera que 0,19 ha en 2010 et 0,17 ha en 2020. La Mitidja, qui compte les périmètres irrigués les plus performants du pays, risque de perdre quelque 20 000 à 25 000 ha durant les 20 prochaines années, selon le CNES. Le département de Saïd Barkat est impuissant devant l’utilisation des terres agricoles à d’autres fins. Les arguments des autorités ne convainquent pas tout le monde. « Il faut penser à protéger la SAU. Quand on a des plaines très fertiles dans la Mitidja, il faut beaucoup réfléchir avant de la céder pour la construction d’une usine ou la réalisation d’une route. Il faut orienter ces projets vers des terres à moindre potentiel », souligne M. Abdelghafour. Les opérations d’expropriation des terres agricoles prennent parfois des tournures dramatiques. « On a rasé 1000 ha d’agrumes à Khenchela un mois avant maturation pour faire passer une route. Ne pouvait-on pas attendre un mois ? », s’insurge M. Mesli, ancien ministre de l’Agriculture. De nombreux spécialistes placent la question du foncier au cœur de la politique agricole. « Une politique agricole qui n’arrête pas le gaspillage et la dilapidation des terres sera forcément inefficace », professe M. Mesli. Il faut dire que les terres épargnées par l’urbanisation et la désertification n’en sont pas moins embourbées dans d’innombrables problèmes. Il est ainsi des terres du domaine privé de l’Etat qui ont été divisées en exploitations agricoles collectives et individuelles à la faveur de la loi 87-19. Selon le SG de l’UNPA, Mohamed Alioui, cette loi n’a jamais été appliquée sur le terrain. « La loi 87-19 évoque des exploitations agricoles collectives, alors qu’en réalité, elles ont été divisées. Certains bénéficiaires ont loué leurs parts. D’autres ont carrément vendu, car il n’y a pas de contrôle », dit-il. M. Mesli abonde dans le même sens. « Il est impensable de croire appliquer toute formule nouvelle en un laps de temps court. Vingt ans après l’application de la loi 87-19, il y a toujours des terres qui n’ont pas été attribuées et des agriculteurs qui n’ont pas de titres », confie-t-il.

    La concession suscite des appréhensions

    Le débat sur le foncier agricole a de tout temps déchaîné les passions. Le gouvernement a montré peu d’empressement pour trancher cette question. Ce peu de volonté politique est dû à une fuite en avant, les autorités ne voulant pas faire exploser au grand jour une véritable bombe à retardement. L’échéance d’adoption de la concession comme mode de gestion des EAC et EAI a été à maintes reprises reportée. Pourtant, cela fait des années que le gouvernement, sous l’impulsion du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a opté pour cette formule. Le ministère de l’Agriculture communique peu sur cette question, distillant les détails sur ce mode de gestion au compte-gouttes. Dans un tel contexte, le choix des pouvoirs publics suscite des appréhensions. « On veut aller vers la concession des terres. Fondamentalement, ce n’est pas une mauvaise décision à condition que le propriétaire et le repreneur soient liés par un contrat. Lequel contrat doit être synallagmatique stipulant les droits et les obligations de chacun. Si la concession n’est pas cela, alors il en sera de la concession comme il fut de l’autogestion et de la révolution agraire et probablement de la loi 87-19 », estime M. Mesli. Pour lui, l’Etat doit dissocier son statut de propriétaire de sa qualité de puissance publique. « Il faut des règles qui protègent la terre et le repreneur qui doit se sentir assuré et rassuré », relève-t-il. M. Mesli plaide aussi pour le respect des spécificités des différentes filières du secteur agricole. « Peut-on appliquer la concession à tout le monde ? Peut-on mettre l’éleveur, le céréalier ou l’agriculteur maraîcher dans le même moule ? Sachant qu’il y a des EAC et des EAI qui se portent bien. Pourquoi leur demander de changer de statut s’ils satisfassent leurs obligations envers le Trésor public et la communauté nationale en travaillant bien la terre ? Il y a d’autres solutions qu’il faut imaginer et oser, telle la location ou la vente, mais au prix réel et non pas une opération ‘‘biens vacants bis’’, qui conduira à la spéculation », explique-t-il. Un autre phénomène menace la pérennité des terres agricoles. Il s’agit du morcellement. Dans quelques années, la taille des exploitations ne dépassera pas le demi-hectare. Selon le dernier recensement général de l’agriculture, 70% des terres agricoles ont une superficie de moins de 10 ha. M. Mesli lie cette question aux choix économiques stratégiques du pays. « Avant d’aller au remembrement, il faut savoir quel type d’agriculture on veut bâtir. Une agriculture capitalistique qui implique de grandes exploitations ou une agriculture de type familial. Il faut répondre à ces questions », souligne-t-il.

    Nora Boudedja


    MOHAMED ALIOUI. SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’UNION NATIONALE DES PAYSANS ALGÉRIENS (UNPA)

    « On doit arrêter de subventionner les agriculteurs étrangers »

    - En tant que représentant des agriculteurs, que pensez-vous du bilan du PNDA sept ans après son lancement ?
    - La politique agricole n’est pas un échec total. Dans certaines wilayas, elle a même été couronnée de succès et on a constaté une amélioration de la production. Dans d’autres wilayas, ça a été un échec, mais cette situation est imputable aux cadres chargés de la mise en œuvre de cette politique nationale. C’est un problème de gestion. Des personnes qui sont éligibles aux subventions en ont été privées alors que d’autres qui n’y ouvrent pas droit ont bénéficié. Il y a même eu des cas de corruption. Nous encourageons toute initiative qui associe l’agriculteur. Une politique où l’agriculteur n’est pas consulté est vouée à l’échec. La politique pour le développement rural a été conçue sans que les concernés eux-mêmes soient mis à contribution. Les agriculteurs ont été exclus d’emblée de cette politique. Le monde rural algérien a atteint les profondeurs. Il plonge dans la pauvreté et dans le marasme économique. C’est aussi le terreau du terrorisme. Le développement rural va de pair avec le développement agricole.

    - Etes-vous de ceux qui pensent que le développement de l’agriculture passe par le règlement du problème du foncier agricole ?
    - Les agriculteurs ont besoin d’être rassurés. Actuellement, ils ne se donnent pas à fond, car ils ne sont pas confiants. Ils considèrent que la terre ne leur appartient pas. Avec la nouvelle loi sur l’orientation agricole, ils peuvent la léguer ou l’hypothéquer pour bénéficier d’un crédit bancaire. Le ministre de l’Agriculture s’est engagé à régler ce problème. Le dossier du foncier agricole est au cœur du développement agricole et il est très complexe. L’Etat doit le traiter en associant l’UNPA, car nous savons quels sont les agriculteurs qui travaillent la terre et ceux qui ne le font pas et nous pouvons dire qui sont les nouveaux arrivants sous prétexte qu’ils ont investi dans les terres. Jusqu’à présent, on ne connaît pas le statut de ces gens-là. On est arrivé au point où la justice a été saisie. Le président de la République a confirmé que la terre restera propriété de l’Etat et sera gérée par le mode de concession. C’est maintenant la concession perpétuelle qui remplace la jouissance perpétuelle. Donc, les personnes qui ont bénéficié des terres en 1989, on leur dit aujourd’hui que les terres ne leur appartiennent pas et qu’ils doivent attendre la mise en œuvre de la loi d’orientation qui a été adoptée en Conseil des ministres. Cette loi donne un cadre juridique général à l’activité agricole. Nous, nous demandons un règlement global : les dossiers en justice doivent être tranchés, mettre en place un cadastre des terres agricoles et doter les agriculteurs de titres de propriété.

    - Le PNDA a-t-il amélioré la situation des agriculteurs ?
    - Il faut faire plutôt le bilan des 21 dernières années du secteur agricole après l’entrée en vigueur de la loi 87-19. Depuis l’avènement de cette loi, on constate de grands changements. On est passé d’un régime socialiste à un régime économique sauvage qui est l’économie de marché. On est également passé par une période de sécheresse extrême. On a aussi connu dix ans de terrorisme. Les agriculteurs ont souffert de ces aléas plus que le reste de la population. Le soutien de l’Etat n’est pas adapté à la situation de l’agriculteur. Nous n’avons pas été associés pour organiser ce soutien. Si on nous avait demandé notre avis, nous aurions dit qu’il fallait soutenir davantage la production que l’agriculteur lui-même. Si ce dernier produit des céréales, qu’on lui donne des subventions au même prix que celui avec lequel on importe ces céréales. Même chose pour le lait et les viandes.
    - Avez-vous interpellé les pouvoirs publics sur ces questions ?
    - Il faut qu’il y ait une bipartite. On ne peut pas imposer une politique aux agriculteurs. Par exemple, la loi 87-19 évoque des exploitations agricoles collectives, alors qu’en réalité elles ont été divisées. Certains bénéficiaires ont loué leurs parts. D’autres ont carrément vendu, car il n’y a pas de contrôle. C’est à l’Etat de contrôler. On a longtemps dénoncé le fait que certains n’exploitent pas leurs terres. C’est un grand scandale. Il faut donner beaucoup d’importance à l’agriculture. Le pétrole ne va pas durer. Seule l’agriculture peut offrir des emplois aux jeunes. Les 14 millions de personnes qui vivent dans le milieu rural portent sur leurs épaules tous les problèmes que rencontre l’agriculture. Nous demandons à ce que l’Etat achète auprès des agriculteurs les produits stratégiques tels que les céréales au même prix que celui avec lequel il importe. On doit encourager la production nationale et arrêter de subventionner les agriculteurs étrangers.

    Nora Boudedja


    SLIMANE BEDRANI. CHERCHEUR AU CENTRE DE RECHERCHE EN ÉCONOMIE APPLIQUÉE POUR LE DÉVELOPPEMENT (CREAD)

    « On a financé n’importe quoi, n’importe comment »

    Slimane Bedrani est directeur de recherche au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD) et professeur à l’Institut national agronomique d’Alger où il est chef du département d’économie.

    - Comment expliquer que la hausse de la production agricole n’ait pas eu un grand impact sur la facture alimentaire ?
    - Le ministère de l’Agriculture dit que l’augmentation de la production est réelle. C’est vrai. Le problème est de savoir si elle est aussi importante qu’il le dit. Ce ministère n’a jamais mis en place un système fiable de collecte de statistiques agricoles. Il ne procède pas – comme cela se fait dans les pays développés et d’autres pays voisins – à des enquêtes régulières par échantillonnage et scientifiquement fiables (dont personne ne pourrait raisonnablement contester les méthodes) pour estimer les productions agricoles et les autres grandeurs de notre agriculture telles que les superficies, les rendements, les équipements, les différents types de cheptel, l’emploi, les salaires agricoles... Dès lors, comment peut-on annoncer des baisses ou des hausses de la production agricole ? Il faut savoir que tous les chiffres de production sont fournis au ministère par les DSA qui – dépourvues de moyens d’investigation scientifiques et de moyens matériels pour collecter l’information – font des estimations « à la louche » (et de manière à ne pas trop déplaire au ministère en annonçant des chiffres trop « réels »). Ces estimations sont ensuite « redressées » au ministère (on ne sait pas trop sur la base de quoi) et, toujours, à la hausse. Pour cette raison, on peut affirmer que les chiffres annoncés par le ministère sont – pour la plupart des productions – largement surestimés et donc faux. On peut se poser la question de savoir pourquoi le ministère de l’Agriculture – qui a disposé depuis 2000 de ressources budgétaires considérables – n’a pas voulu mettre en place un système fiable de collecte des données agricoles. D’autres indices permettent de dire que les quantités produites ont été exagérées. La hausse des prix des produits agricoles – que chacun peut constater sur les marchés – ne peut être due à la hausse de la demande, celle-ci étant plutôt restreinte du fait des faibles niveaux des salaires. Dans notre situation, les prix augmentent parce que l’offre n’est pas suffisante.

    - On a souvent attribué cette hausse des prix à la spéculation…
    - On exagère le rôle de la spéculation. C’est un faux problème. Prenons par exemple le cas de la pomme de terre. Le « spéculateur » retire du marché une partie de la production au moment où les prix sont bas et la revend au moment où il n’y a pas de récoltes (donc à un prix plus élevé). Il participe ainsi utilement à la régulation du marché. Si le « spéculateur » n’était pas là, toute la production serait consommée au moment où les prix sont bas. Il ne resterait donc plus de produits pour les périodes de soudure entre deux récoltes et on demanderait à l’Etat d’importer. C’est normal que la production retirée soit vendue plus cher car elle induit beaucoup de frais de stockage et de gardiennage, sans compter le prix du risque pris par le « spéculateur » de parier sur l’avenir. Le « spéculateur » joue un rôle économique utile parce qu’il permet aux producteurs agricoles de bénéficier de prix pas trop bas et aux consommateurs de trouver des produits même en période de soudure (même si les prix sont plus élevés). La hausse des prix dont il faut parler, c’est une hausse moyenne sur toute l’année. C’est là où on s’aperçoit que d’une année à l’autre les prix augmentent parce qu’il y a insuffisance de la production nationale.

    - Est-ce que l’Algérie a le potentiel nécessaire pour produire de façon à alléger sa facture alimentaire ?
    - Il est certain que l’Algérie n’a pas les potentialités pour arriver à l’autosatisfaction sur le plan alimentaire. L’Algérie sera toujours un pays structurellement déficitaire dans certains produits agricoles. Mais elle a encore des marges devant elle qui sont relativement importantes, que ce soit pour les maraîchages, les céréales, le lait ou la viande. Nous avons des rendements faibles de la pomme de terre ou des céréales comparativement aux pays voisins et à des pays qui ressemblent climatiquement au nôtre.

    - Quelle appréciation faites-vous du Plan national de développement agricole (PNDA) qui devait justement favoriser une utilisation rationnelle de toutes les ressources pour arriver à de meilleurs rendements ?
    - Le PNDA partait d’une bonne idée. Il visait à changer les systèmes de cultures extensives pour les rendre intensives. On y est arrivé dans une certaine mesure, mais seulement dans une petite mesure et avec beaucoup de gaspillages. N’était-il pas possible de mieux dépenser l’argent public ? On aurait pu avoir des augmentations de la production beaucoup plus importantes si on avait dépensé cet argent de meilleure façon. On a subventionné des bassins d’irrigation qui ont été abandonnés ; on a subventionné des kits d’irrigation localisée sans apprendre aux agriculteurs à s’en servir ; on a fait des plantations d’arbres fruitiers dans des zones inadaptées et pour des agriculteurs n’ayant aucune pratique de l’arboriculture, donc pas du tout préparés. On a tout fait dans la précipitation, sans études sérieuses préalables. Il fallait annoncer au président de la République le maximum de réalisations, le maximum d’argent dépensé, le maximum d’emplois créés, le maximum d’hectares mis en valeur, même si une grande partie de tout cela n’existait que sur le papier. C’est de l’argent gaspillé.

    - Est-ce que vous voulez dire qu’il n’y a pas eu une bonne gestion du PNDA ?
    - Il y a eu de la précipitation. On a financé n’importe quoi, n’importe comment. Il en est ainsi de la mise en valeur des terres par la concession qui est mise en œuvre par la Générale des concessions agricoles (GCA). Chaque projet coûte des millions, voire des milliards. Il devait faire l’objet d’une étude préalable pour voir s’il est viable ou non. Or, des études extrêmement sommaires ont été faites. On a financé des projets à perte et qui n’ont jamais vu le jour. Sur certains périmètres de la GCA, des équipements neufs sont toujours stockés depuis des années sans être rentabilisés.

    - La problématique du foncier agricole n’a-t-elle pas été un frein pour la réussite du PNDA ?
    - On n’a pas besoin d’un nouveau texte de loi. Celle de 1987 suffit. Il faut juste prendre les décrets d’application qui permettent aux attributaires d’aliéner leur droit de jouissance perpétuelle et de le transmettre par héritage. C’est-à-dire leur permettre de le vendre. L’un des principaux freins de l’investissement dans l’agriculture, c’est que l’agriculteur qui fait partie d’une EAC (exploitation agricole collective, ndlr) ou qui a une EAI (exploitation agricole individuelle, ndlr) ne peut pas demander un financement à la banque en hypothéquant son droit d’usage ou de propriété. L’exploitant devrait pouvoir mettre en gage son droit d’usage. On devrait lui permettre aussi de s’associer avec une personne qui apporte des capitaux en lui cédant une partie de son droit de jouissance. Le projet de loi sur les « sociétés civiles » pose plus de problèmes qu’il n’en résout.

    - Quelles seraient vos recommandations pour améliorer le PNDA ?
    - Depuis trois ans, on a réduit les subventions agricoles. La politique de diminution des subventions à l’investissement à la ferme est un véritable crime contre l’agriculture algérienne et donc contre notre développement économique. Les engagements internationaux de l’Algérie – notamment avec l’OMC – ne l’obligent pas à être aussi drastique de ce point de vue. L’agriculteur algérien est très peu subventionné par rapport aux agriculteurs américains et européens dont parfois les subventions représentent 70% de leurs revenus. Il faut absolument que notre agriculture soit davantage subventionnée en matière d’investissement surtout pour la mobilisation de l’eau d’irrigation (forages, puits) et les équipements d’irrigation économes en eau (aspersion, goutte-à-goutte). C’est très important pour l’avenir du pays, surtout qu’il est structurellement déficitaire en eau. Mais les subventions doivent être conséquentes aussi pour les matériels agricoles qui permettent d’augmenter la productivité ou de minimiser les pertes de récolte (matériels de récoltes de tous types, moyens de stockage et de conservation). La plus grande majorité des exploitations existant en Algérie sont des petites et moyennes exploitations qui arrivent à s’en tirer difficilement. Il faut que l’Etat accorde plus de moyens aux agriculteurs pour qu’ils améliorent le niveau de la productivité, mais il faut que ces moyens soient utilisés de façon optimale sans être gaspillés. Mais subventionner les moyens d’accroître la productivité des agriculteurs et de leurs terres ne suffit pas. Il faut concevoir et mettre en place une organisation des marchés qui permette aux agriculteurs de tirer une juste rémunération de leur activité et aux consommateurs de trouver des produits à des prix qui soient en conformité avec leur pouvoir d’achat. L’Etat ne peut pas être absent en ce domaine. Il ne peut pas laisser les marchés de gros aux mains de quelques barons du commerce sans imposer des règles du jeu conformes à l’intérêt général (en particulier la règle de la transparence dans les transactions). Par ailleurs, l’avenir de l’agriculture et du secteur agroalimentaire algérien dépend de la capacité de la recherche agronomique et agroalimentaire (au sens large) à produire des connaissances et des innovations qui résolvent les problèmes fondamentaux (stress hydrique, politiques en matière de prix et de subvention, en matière de commerce extérieur,…). On doit mettre fin à l’existence des chercheurs fonctionnaires et promouvoir la rémunération des chercheurs selon la productivité scientifique et technologique. Enfin, toute politique agricole – pour réussir – doit se concevoir et s’appliquer avec la participation des agriculteurs et de leurs représentants professionnels. La chambre nationale et les chambres de wilaya – incitées à être plus représentatives des agriculteurs et des acteurs amont et aval – doivent jouer un plus grand rôle dans la définition des politiques et donc en avoir les moyens.

    N. B.


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  • “La société algérienne a perdu ses valeurs de vie commune”Posté Par: Pieds Noirs 9A..Vous propose ..

    A la une / Actualité

    Khaled Karim sociologue au CREAD à Liberté .
     

     

    “La société algérienne a perdu ses valeurs de vie
    commune”

    Il existe actuellement plusieurs problèmes majeurs relatifs à l’absence de certaines valeurs dans notre société. Il est à
    savoir que l’un des éléments fondamentaux d'une société est l'élaboration d'une éthique, d'un code psychobiologie
    des valeurs qui servent de référence à l'action humaine. Il est donc sans doute très probable qu'une partie plus ou
    moins importante des actions et des situations sociales actuelles, n’est pas conforme aux valeurs culturelles en
    vigueur et est à l'origine de nombreux problèmes de gravité variable. C’est ce qui ressort de l’entretien que M. Khaled
    Karim, sociologue au CREAD a accordé à Liberté :
    Liberté : Un des éléments fondamentaux d'une société est l'élaboration d'une éthique, d'un code moral et, surtout, d'un
    système de valeurs qui servent de référence à l'action humaine. Pensez-vous qu’il est temps aujourd’hui de revenir
    dans le système éducatif à l’éducation civique ?
    KHALED Karim : Il est important, même fondamental, de signaler que la société algérienne est profondément
    anomique ; c'est-à-dire une société qui a perdu ses valeurs de vivre en commun dans le respect de soi et de l’autre.
    Ce dysfonctionnement dans le système de valeurs sociales est un long processus qui remonte aux années 70, ou les
    sciences sociales (psychologie, sociologie, histoire et droit, science politique), qui sont censées être des sciences de
    conscience individuelle et collective, étaient politiquement domestiquées, pour perdre leur propre vocation, du coup,
    l’accumulation des problèmes sociaux restent superficiellement résolue. Aujourd’hui, on est face à une société livrée à
    elle-même. La problématique de l’éthique est une problématique fondamentalement politique, c'est-à-dire du type de
    projet de société qu’on veut réellement, qui passe inéluctablement par un système éducatif performant en constante
    régulation avec les contextes et l’évolution de la société algérienne et les enjeux qui la guettent. L’éducation civique
    est la base de toute construction des États Nations. Elle est une source d’un éthos qui permet à la communauté de
    vivre en partage et à l’implication active dans l’espace public. Elle est source de la citoyenneté qui protège l’existence
    d’un État.
    Il existe actuellement plusieurs problèmes majeurs relatifs à l’absence de certaines valeurs dans notre société. À votre
    avis, c’est dû à quoi ?
    On ne peut parler d’absence de valeurs, mais plutôt de régression de valeurs, puisque la société algérienne est
    connue par ses valeurs humaines et d’hospitalité. Effectivement on constate qu’actuellement, beaucoup de maux
    sociaux traversent la société algérienne, comme la prostitution, la toxicomanie, l’incivilité, les divorces anomiques, les
    suicides, le vol d’enfants, les accidents de la route…ce sont des indicateurs qui nous renvoient une image type de ce
    dérèglement social, qui est un processus de longue date. Donc, un problème de valeurs sociales, notamment le
    respect de la vie avec toutes ses formes. L’étatisme, avec sa version bureaucratique, a confisqué la société et a
    étouffé les énergies, au point où les gens ne croient à rien et deviennent même suicidaires dans leurs comportements,
    c’est là, le danger pour la société, puisque les individus vont faire semblant de vivre, c'est-à-dire une forme
    d’hypocrisie sociale et de survie comme remède. Placer l’individu au centre de toute éducation est incontestablement
    un chemin vers l’auto-construction intelligente, du coup, une formation civique qui rend la vie possible dans la
    sécurité.
    Ne pensez- vous pas que choisir un code moral serait une nécessité incontournable dans une société évoluée ?
    Il est erroné de tomber dans des analyses colonialistes, qui prétendent qu’il existe des sociétés évoluées et d’autres
    non ! Ce sont des littératures révolues avec la révolution anthropologique, qui a mis en cause la définition elle-même
    de la notion de civilisation. Mais le problème qui se pose pour l’Algérie, je risque de me répéter, c’est que la crise que
    vit la société algérienne d’aujourd’hui est synonyme de la crise et la marginalisation des sciences sociales. Jacques
    Berque disait “qu’il n’y a pas de société sous-développée mais des sociétés sous analysées”.


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  • La Cour de Cassation autorise le voile islamique dans l’entreprise : pagaille garantie !

    Un arrêt de la cour de cassation en date du 22 novembre précise les conditions dans lesquelles une salariée peut porter le voile. Certains n’y voient que du feu mais cette décision va venir troubler le calme des entreprises privées en donnant des limites à l’interdiction du port du voile :https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/chambre_sociale_576/2484_22_38073.html

    Voici la procédure dans cette affaire : une jeune salariée, Asma Bougnaoui, a d’abord travaillé cheveux au vent. Puis elle a adopté un bandana, et enfin le voile. Un client de l’entreprise s’en est plaint. Plusieurs avertissements ont été adressés à la jeune femme, en vain. Elle a finalement été licenciée. La salariée a porté l’affaire devant les Prud’hommes, estimant être discriminée en raison de ses convictions religieuses. Elle a perdu. Puis devant la cour d’appel, et a également perdu. Les Prud’hommes et la cour d’appel estimant qu’une entreprise pouvait demander à ses salariés un comportement discret. Asma Bougnaoui s’est alors pourvue en cassation. La cour de cassation a d’abord demandé son avis à la Cour de Justice européenne, basée à Luxembourg, qui s’est prononcée en mars dernier. La cour de cassation a rendu son arrêt le 22 novembre 2017, sans renvoi devant une autre cour d’appel, ce qui indique que l’arrêt doit faire jurisprudence.

    Globalement, la Cour de Cassation a estimé que le souhait du client de ne plus voir Asma Bourgnaoui voilée « ne pouvait être considéré comme une exigence professionnelle exigeante et déterminante ». Et qu’une telle interdiction du voile aurait dû figurer dans le règlement intérieur.

    Certains s’imaginent bien naïvement que le port du voile en entreprise va pouvoir être interdit purement et simplement. Que nenni ! Il suffit de lire l’arrêt. Et les directives européennes. Et la loi El Khomri. Et le code du travail dans lequel les dispositions européennes sont hélas intégrées. Il en ressort tant de conditions qu’on quitte ces intéressantes lectures avec le tournis, abasourdi et déstabilisé, obligé d’ingurgiter sur le champ un ou plusieurs cachets d’aspirine et de se mettre une poche d’eau glacée sur la tête. Jugez plutôt :

    L’interdiction du voile islamique est autorisée. Oui, mais…

    1) Oui, mais à condition que ce soit écrit dans le règlement intérieur.
    2) A condition qu’il s’agisse de salariés en contact avec le public.
    3) L’employeur en cas d’interdiction doit avant tout licenciement essayer de recaser la salariée dans un secteur sans contact avec le public.
    4) L’entreprise doit contacter un inspecteur du travail pour lui faire valider cette interdiction.
    5) La liberté d’opinion interdit que l’employeur interdise d’exprimer sa religion au sein de l’entreprise.
    6) L’interdiction doit être celle de porter des signes des convictions religieuses mais cette seule interdiction ne suffit pas : doivent aussi être interdits les signes de conviction philosophiques et politiques.
    7) Cette interdiction doit être indifférenciée c’est à dire ne doit pas concerner seulement le port du voile.
    8) La situation ne doit pas traduire une discrimination indirecte.
    9) Qui plus est : l’interdiction ne doit pas faire subir un désavantage particulier à des personnes adhérant à une religion ou des convictions données.
    10) Si un désavantage particulier doit être subi par des personnes adhérant à une religion donnée, cette interdiction devra être justifiée par un objectif légitime et les moyens appropriés et nécessaires de réaliser cet objectif.
    11) La Cour de Cassation estime que la volonté d’un employeur de tenir compte des souhaits d’un client de ne plus voir ses services assurés par une salariée portant le voile ne saurait être considérée comme une exigence professionnelle et déterminante.
    12) …

    Bref, c’est byzantin. Une entreprise n’a donc plus en réalité le droit d’interdire d’une manière générale le port du voile en entreprise.

    Un salarié travaillant dans un secteur sans contact avec la clientèle pourra se voir imposer par ses collègues la vue du voile, même si celui-ci représente pour lui un totalitarisme conquérant en désaccord avec ses convictions.

    Au nom de la « liberté d’opinion », l’inspecteur du Travail pourra s’opposer au règlement intérieur interdisant le port du voile.

    Au nom de la « liberté d’opinion », on imposera à ce salarié qui n’a qu’un but, celui de travailler dans le calme, l’opinion dévastatrice de ceux qui nous font la guerre. Et il ne pourra pas donner son opinion.

    Au nom de la « liberté d’opinion », la laïcité en entreprise sera bafouée.

    Au nom de la « liberté d’opinion », partout ailleurs qu’au contact avec la clientèle, les voiles pourront proliférer.

    Au nom de la « liberté d’opinion », un client qui n’en veut pas pourra se voir imposer les services d’une salariée voilée.

    J’ai récemment rencontré un artisan débordé. Il a du travail par dessus la tête, et pourrait avoir toute une équipe avec lui, mais refuse d’embaucher. Il tient à sa tranquillité. Il tient à ce que ce qu’il a déterminé soigneusement lui-même comme exigences professionnelles déterminantes au sein de son entreprise ne soit contrarié par aucun arrêt de la Cour de Cassation. Ce qui lui paraîtrait à juste titre comme une intrusion intolérable dans sa manière de voir et de manager ses intérêts en même temps que ceux de ses clients.

    On attend une évolution de la jurisprudence Baby Lou, qui permettait d’interdire le voile dans les entreprises privées exerçant une mission de service public.

    On attend de voir les voilées investir massivement l’entreprise et le choc qui va en résulter. On connaît leur capacité de nuisance procédurière. Après cela, ce seront les kamis, la charia et les cinq prières obligatoires pour tous.

    On comprendra que les Français soient de plus en plus allergiques au port du voile, cette agression manifeste de notre mode de vie et de nos lois.

    Sophie Durand

    Source : http://ripostelaique.com


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  • GRANDE-BRETAGNE: UNE MÈRE QUITTE SES 9 ENFANTS POUR SE MARIER AVEC UN AFRICAIN. ELLE NE REGRETTE RIEN.

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    Âgée de 44 ans, elle est maman de 9 enfants. Elle a quitté son mari et ses enfants pour son nouvel homme, qui est de 12 ans son cadet.

    Son mari Andi déclare: "La personne qu'elle est devenue est horrible. C'était une mère aimante et attentionnée. Maintenant, c'est comme si un étranger possédait son corps.

    Andy et Heidi se sont rencontrés dans les années 1990 et sont restés durant 23 ans.

    A présent, elle veut divorcer, déclarant que son futur est avec Mamadou Jallow.

    Heidi a défendu ses actions, en disant: Je n'ai pas un seul regret. Je ne suis pas un mauvais parent."

    "Il était vraiment difficile pour moi de quitter mes enfants, mais ils ne pouvaient pas venir avec moi, je n'avais donc pas le choix."

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    Heidi a deux fils et une fille âgés entre 24 et 29 ans d'une relation précédente. Elle et Andy ont eu trois filles âgées de 6, 9 et 23 ans et trois fils âgés de 11, 17 et 18 ans.

    Elle a ajouté: « Les trois plus jeunes ont été laissés avec ma fille aînée. Elle a déménagé dans ma maison pendant que j'étais partie afin qu'ils soient perturbés le moins possible.

    "Nous sommes amoureux et rien ne m'empêchera de l'épouser. Si les autres n'aiment pas ça, ils devront l'accepter, que cela leur plaise ou non."

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    "En février, j'ai commencé à parler sur Internet à Salieu après qu'il m'ait envoyé une demande d'ami à l'improviste. Au début, nous bavardions simplement, nous interrogeant sur la vie et les passe-temps des uns et des autres.

    "Mais quand j'ai appris à le connaître, j'ai commencé à me confier à lui à propos de la façon dont les choses tournaient mal dans mon mariage, il était là pour que je puisse parler.

    "Andy a prétendu que j'ai envoyé des photos sexy à Salieu, mais je ne l'ai pas fait, ce n'est tout simplement pas vrai."

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    Elle a ajouté: "Après quelques mois nous étions en contact toute la journée, tous les jours via WhatsApp et je savais que je commençais à développer des sentiments pour lui et il a dit qu'il ressentait la même chose."

    (...)

    Source Source2 Traduction libre Les Observateurs.ch


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