• Une méthode de psychiatrie utilisée pour détruire la personne ...

    Par:Pieds Noirs 9A..

    Un billet basé sur des recherches d'archives et d'entretien ...

    La psychiatrie utilisée dans des buts politiques a été une des facettes de la répression communiste. Née dans l’Union Soviétique post-stalinienne, elle ne visait pas à semer la terreur parmi la population, comme c’était le cas pour la répression habituelle, mais à isoler et à neutraliser les opposants au régime.La procédure était simple: les dissidents et les opposants, autrement en bonne santé, étaient diagnostiqués comme schizophrènes ou atteints de troubles de personnalité paranoïdes. Internés de force dans des hôpitaux psychiatriques, on les plaçait aux côtés des vrais patients et leur administraient des neuroleptiques. A certains d’entre eux on a même demandé de renoncer à leurs opinions politiques, si fermement défendues jusque là et ce pour prouver justement que la société les avait récupérés.
    A savoir l’avis du psychiatre australien Sidney Bloch, qui a étudié la répression à l’époque soviétique, l’idée de la psychiatrie politique est apparue au moment où Moscou s’est proposé de se débarrasser de la mauvaise image internationale que lui avaient valu les procès à grand spectacle au temps de Staline.
    Le médecin Ion Vianu compte parmi les premiers Roumains à avoir dénoncé, à l’étranger, cette forme de répression utilisée par l’Etat communiste contre les citoyens. Après avoir émigré en Suisse, Vianu s’est joint, en 1977, au groupe international « Initiative Genève contre la psychiatrie politique », qui menait des recherches dédiées notamment à la psychiatrie soviétique.
    Vianu s’est rappelé les début de cette forme de répression en Roumanie: <<Vers 1967-1968, était assistant à la Clinique universitaire de Psychiatrie de Bucarest>> ,le docteur Vasile Predescu, le chef de la chaîne de psychiatrie, dont un assistant avait assister à une conversation dont il n'avait pas saisi d’emblée la signification. Un des interlocuteurs était le docteur Angheluţă, celui dont allait apprendre plus tard, par le biais du Conseil National d’Etude des Archives de la "Securitate", l’ancienne police politique, qu’il avait la double qualité de directeur et de résident de la "Securitate" dans l’hôpital qu’il dirigeait. Cet interlocuteur donc d'avoir entendu dire que l’on était en train d’aménager de grands hôpitaux psychiatriques, entourés de grilles munies de fils barbelés et gardés par des chiens-loups. Des hôpitaux de haute sécurité ou l est impossible de s'enfuir comme une (prison)dans lesquels on allait interner des patients dangereux. Au début, il ne réalisé pas de quoi il s’agissait, même si il n’était pas dans l’ignorance de la psychiatrie soviétique, au sujet de laquelle circulaient déjà des rumeurs. il avait du mal à comprendre la raison de la multiplication soudaine du nombre des patients dangereux (????)...,et surtout pourquoi ils étaient considérés dangereux au point d’être surveillés par des moyens pénitentiaires des plus sévères...
    Le régime de Ceauşescu, qui se déclarait antisoviétique, a pourtant trouvé bon d’user lui aussi de la psychiatrie politique, sur le modèle de Moscou...
    Ion Vianu: ”Une rassemblée a été organisée à l’occasion de l’ouverture de l’année universitaire 1969-1970, sur la Place de l’Université, au centre de Bucarest. Présent au meeting, à Nicolae Ceauşescu a tenu, comme l’accoutumé un long discours, pendant lequel il a lâché: <<il n’y a que les fous qui puissent croire que le socialisme peut s’effondrer en Roumanie. Or ceux-là, on va les traiter et pas qu’en leur faisant enfiler des camisoles de force >> Melenchon aurait-il la même façon d'agir si il obtenait le pouvoir ?.Oui Bonne question !...C’est à ce moment précis que j’ai fait la liaison et la même remarque qu'avec notre brave Mélenchon ...
    Les dossiers consulter plus tard dans les archives montraient que des opposants avaient déjà été internés. Ion Vianu a également évoqué le cas de l’avocat Haralambie Ionescu de Braşov, qu’il avait connu personnellement d’un avocat de Braşov, à la retraite et qui venait d’avoir 70 ans. Il avait envoyé une lettre à l’ONU, dénonçant le fait que les droits humains n’étaient pas respectés en Roumanie. En ces temps-là, une telle affirmation frisait le jamais vu, la folie. La "Securitate", qui gardait un œil attentif sur le courrier international, a intercepté la lettre. Elle en a arrêté l’auteur, qu’elle a par la suite emmené à l’hôpital Gh. Marinescu de Bucarest pour expertise médicale. Ayant reçu un diagnostic de maladie mentale,(pas malade du tout) il a été interné pendant plusieurs mois. Ensuite, il a été hospitalisé à domicile, avec la consigne de se présenter une fois par semaine à la polyclinique .De son vivant, il avait fait parvenir un message priant a ses amis de ne plus évoquer son cas en expliquant qu’on le lui avait défendu. Autrement dit, il avait été l’objet de chantage...
    L’écrivain Ion Vulcănescu en personne, avait vécu une situation similaire à celle de l’avocat à l’hôpital central. Il y était interné et qu’on lui avait intenté un procès politique. Alors que Ion Vulcănescu ne souffrait d’aucune maladie mentale. Il a d’ailleurs émigré aux Etats-Unis et il est devenu administrateur d’un grand ensemble d’immeubles à New York, chose impossible s’il avait vraiment été atteint de troubles mentaux...
    Le célèbre dissident Vasile Paraschiv compte lui aussi parmi les victimes de la psychiatrie politique de Roumanie. Comme il est difficile d’estimer le nombre de ces personnes que les socialos-communistes ont détruits ,Il faut dire que les chercheurs se gardent d’avancer des chiffres.Moi même n'ayant pas de chiffre en mains avec mainte recherche . La question des réparations et des responsabilités s’avère elle aussi compliquée, vu le peu d’informations disponibles et la mort de ceux qui devraient rendre des comptes à ce sujet. Seule reste la liberté de pouvoir parler des souffrances des victimes d’un régime sauvage et criminel...

    Pieds Noirs 9A..


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